Le journal d’Ali Ammar, la grande polémique.

22 06 2009

A la sortie du livre « Mohamed VI, le grand malentendu » de Ali Ammar, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « le journal », et face la compagne médiatique qui a précédé sa parution, nous étions un groupe d’amis à aller chercher un exemplaire du livre dès sa sortie. Nous avons été persuadés, au delà du titre du livre un peu provocateur, mais tolérable d’un point de vue journalistique et marketing, d’y trouver un regard profond sur les dix années écoulées, caractérisées notamment par un nouveau règne, mais aussi de changements profonds affectant le Maroc du 21ème siècle. L’attention que je portais à ce livre puise dans l’expérience appréciée de l’hebdomadaire meublant un espace médiatique à la liberté de ton embryonnaire au moment de sa sortie. Et de ce fait, nous nous attendions, comme dit précédemment, à un regard critique du nouveau règne, d’une analyse profonde des dysfonctionnements et peut être à un éventuel focus sur les avancées réalisées.

En avançant dans ma lecture, je m’étonne un peu du style narratif d’un texte que l’on suppose critique. Outre cet aspect, le récit de l’auteur focalise le Maroc sur quelques protagonistes : Mohamed VI, Hassan II, My Hicham, Driss Jettou, André Azoulay, Aboubakr Jamai ( ou le journal ), Driss Basri, Ali Himma, Mounir Majidi. C’est justement ici que l’on peut se poser pertinemment la question sur la partialité du récit qui prétend critiquer une ère du nouveau règne au Maroc, tout en mettant en scène peu d’acteurs, abstraction faite de leur poids et leur implication dans les évènements, et surtout des acteurs individuels. Ces réflexions seront vite confortées par des réactions compromettantes, voire violentes envers le récit, de la majorité de ces protagonistes, du moins ceux qui sont en vie. « j’ai cessé tout contact avec Ali Amar depuis deux ans, en raison de doutes sur son intégrité. » dixit My Hicham. Il va plus loin en révélant à l’hebdomadaire Tel-Quel : « il appartient ainsi à Ali Amar d’assumer les atteintes à la vie privée et à la réputation de nombreuses personnes -de la famille royale aux militants de la société civile, en passant par ses confrères journalistes – qu’il juge expéditivement dans son livre, souvent au mépris des faits et sans jamais leur donner l’occasion de présenter leur part de vérité. ». Aboubakr Jamai, fondateur du « Journal » a aussi été frustré par le texte de son ancien cllègue, au point que l’hebdomadaire ait censuré des passages du livres qu’il allait étalé sur 8 pages ! Jettou, a démenti catégoriquement les propos dont il est révélateur selon le livre. Il dit être victime de détournement de propos.

Enfin, je suis resté sur ma faim. Un livre qui finalement ne raconte rien, rien que des anecdotes, des « off », des propos lancés dans l’intimité, … vite démentis. Aucune analyse de la part de l’auteur. C’est frustrant.


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20 réponses

22 06 2009
hmida

Qu’espérais-tu trouver trouver dans un livre de Ali Amar? La vérité?

J’en dirais plus quand je l’aurai lu …..

22 06 2009
kalimate

chaque monarchie a sa presse”jaune”, faute de presse People, au Maroc , nous avons les livres “jaunes”., une manière comme une autre d’être vendu. je ne le lirai pas si ce n’est qu’un ramassis de commérages, et de mensonges.

22 06 2009
une marocaine

Je ne l’ai pas encore lu car mon frère en passant chez moi il y a quelques semaines l’avait pris. Ce WE, on en a discuté un peu. Il la fait les mêmes remarques que toi. Il m’a dit qu’il n’a pas pu aller jusqu’au bout. Je viens de le récupérer. J’ai d’autres bouquins à lire. Vu ce que vous dites de celui-là je ne vais pas me précipiter pour le lire. Ca attendra.

23 06 2009
Annouss

Je suis d’accord avec toi sur les grandes lignes. Perso, j’ai bien aimé la rétrospective des sujets qu’il donne. L’affaire Mandari m’était complètement sortie de la tête par exemple.

Ce livre se rapproche plus du pamphlet BCBG que du livre enquête. J’espère que d’autres approfondiront et le sujet et le genre.

23 06 2009
Spy Jones

Par ailleurs, vous avez vu l’embrouille qui vient de se déclarer entre Telquel et Ali Amar ? Communiqué de Telquel sur le sujet : http://telquel-online.com/378/images/amar.pdf

23 06 2009
ness

Cette “embrouille” publicitaire avec TelQuel est édifiante ! Je viens de lire le “communiqué”, une page du magazine, proposée en téléchargement par un titre clignotant sur la page d’acceuil de Telquel.online. Quelle affaire ! En gros, le magazine a refusé de publier une pub de l’éditeur pour le livre d’Ali Amar, ce qui a provoqué la colère de ce dernier. Il aurait dénoncé cela dans un email collectif.
Du coup, TelQuel sort la grosse artillerie et publie sa pleine page pour démentir toute idée d’auto-censure. C’est ici que ça se gâte : l’argumentation du magazine est bien faible. Comme il refuse les pub de félicitations et autres hommages au Roi, il se doit de refuser également celle pour le livre critiquant ce même Roi. Sauf qu’entre un livre d’enquête et un encart souhaitan un bon anniversaire à notre Roi bien-aimé, il y a une grosse différence, non. D’un côté il y a de ridicules exercices de cirage de botte, de l’autre une classique pub d’éditeur pour un ouvrage, fruit d’un travail, une enquête, exposant un point de vue. D’un côté une flagornerie, de l’autre l’exercice de la liberté d’expression. Comment, au nom du refus du premier, rejeter le second ? L’argument ne tient pas !
Mais cela ne fait que quelques lignes du long communiqué de TelQuel. Le reste ? Des attaques personnelles, des sous-entendus, des références (non étayées dans le texte) à la moralité “douteuse” d’Amar. Bref, du mauvais, du malodorant, de l’indigne et si ce texte a été écrit par un journaliste (ce dont je doute), c’est un bien mauvais point pour la rédaction de Telquel !

23 06 2009
politis

Ali AMAR a toujours été un grand commercial qui savait vendre du papier .

En l’occurence il se sert très habilement de TEL QUEL pour essayer de fourguer son “essai”.

Autre idée génialement machiavélique de l’ex-banquier au passé très intéressant : mettre en exergue INTROUVABLE AU MAROC!

Même les gourous du palais n’ont jamais réussi à mettre ARB dans une situation aussi inconfortable, alors que c’est son droit le plus absolu d’accepter ou de refuser de faire la pub pour tel ou tel !

24 06 2009
Mounir

Au delà de la querelle, ce qui m’intrigue c’est de voir comment, pendant longtemps, nous sommes enroulés par les écrits de personnes, sans aucune analyse, et nous, par phénomène du nouveau, nous les considérons prophète!

24 06 2009
politis

Depuis des années, une certaine élite nationale considère tout ce que publie TEL QUEL et LE JOURNAL comme parole d’évangile, en effet …

Alors que l’une est l’autre de ces publications ne faisait que rendre public des “dossiers” que les rédactions recevaient d’informateurs aux intentions plus ou moins avouables!

Et ces hedbos appellent ce genre de travail :journalisme d’investigation” et ils se drapent du titre fort honorable mais pas mérité de “presse indépendante”!

Mais cela est un autre débat!

24 06 2009
Mounir

bein voila @politis le vrai sujet, et bein c’est ça le débat. J’avais écrit un jour, sur mon ancien blog, sur la presse “indépendante” et sur sa définition. Une commentatrice avérée m’avait écrit pour la définir : ” une presse qui a des subventions étatiques qui la rend indépendante des forces politiques et des annonceurs ( pouvoirs économiques ) pour accomplir sa mission”. Trouvez le paradoxe de chez nous :)

25 06 2009
ness

@ politis : “En l’occurence il se sert très habilement de TEL QUEL pour essayer de fourguer son “essai”.”
Passer une publicité, n’est-ce pas (en théorie) une chose assez banale dans le monde entier ? En l’occurence, et comme c’est toujours le cas d’ailleurs pour un livre, c’est l’éditeur français qui voulait passer cette pub sans Telquel. C’est donc sûrement ce même éditeur qui a conçu le slogan, pas Ali Amar. Enfin, c’est ainsi que ça se passe de nos jours.
Et je ne vois vraiment pas ce que ‘introuvable ou Maroc” a de machiavélique ! Ce n’est pas la réalité ? Si le distributeur marocain de l’éditeur français a décliné la distribution du livre, à votre avis c’est pour quelles raisons ? Censure ? Mais non ! Le Maroc n’en est plus là aujourd’hui ! C’est mieux, c’est tout simplement l’autocensure qui fonctionne ! Par peur d’avoir des ennuis, des complications. Etes-vous assez naïf pour ignorer que c’est bel et bien ce qui se passe ?

Après, qu’on aime ou pas Amar est un autre sujet. Qu’on conteste ses thèses ou son livre, pourquoi pas. Mais je suis vraiment surpris par le ton qu’emploient certains de ses détracteurs. Attaques perso et sous-entendus. C’est bizarre cette manie.

25 06 2009
ness

@ politis : “En l’occurence il se sert très habilement de TEL QUEL pour essayer de fourguer son “essai”.”
Passer une publicité, n’est-ce pas (en théorie) une chose assez banale dans le monde entier ? En l’occurence, et comme c’est toujours le cas d’ailleurs pour un livre, c’est l’éditeur français qui voulait passer cette pub dans Telquel. C’est donc sûrement ce même éditeur qui a conçu le slogan, pas Ali Amar. Enfin, c’est ainsi que ça se passe de nos jours.
Et je ne vois vraiment pas ce que ‘introuvable ou Maroc” a de machiavélique ! Ce n’est pas la réalité ? Si le distributeur marocain de l’éditeur français a décliné la distribution du livre, à votre avis c’est pour quelles raisons ? Censure ? Mais non ! Le Maroc n’en est plus là aujourd’hui ! C’est mieux, c’est tout simplement l’autocensure qui fonctionne au pays ! Par peur d’avoir des ennuis, des complications. Etes-vous assez naïf pour ignorer que c’est bel et bien ce qui se passe ?

Après, qu’on aime ou pas Amar est un autre sujet. Qu’on conteste ses thèses ou son livre, pourquoi pas. Mais je suis vraiment surpris par le ton qu’emploient certains de ses détracteurs. Attaques perso et sous-entendus. C’est bizarre cette manie.

25 06 2009
Spy Jones

@ness :
Oui, mais c’est aussi le droit de Telquel de refuser de passer une publicité. Le fait que Ali Amar lance une campagne calomnieuse contre Telquel révèle clairement son machiavélisme.

3 07 2009
marocbook

LA MISE AU POINT D’ALI AMAR A TELQUEL

a) Sur les conditions de la commande d’espace publicitaire

Le 9 juin dernier, j’ai effectivement pris attache avec Mme Boutaina
Bennani, directrice commerciale de TelQuel pour l’informer que la
maison d’édition française Calmann-Lévy envisageait d’acheter un
espace publicitaire dans les pages du magazine en question dans le
cadre de la promotion de mon ouvrage « Mohammed VI, le grand
malentendu ». Je n’ai à aucun moment annoncé qu’il s’agit d’une
requête « au nom d’un ami ». Faut-il comprendre que mon interlocutrice
a confondu à l’oreille le nom « Calmann-Lévy » avec « au nom d’un ami
», même si je me rappelle lui avoir explicitement expliqué qu’il
s’agissait d’une publicité promotionnelle pour mon ouvrage ? Quelle
idée saugrenue par ailleurs que de prétendre vouloir intervenir « pour
un ami » auprès d’une publication pour une transaction commerciale
sans pour autant divulguer son identité et sans que la responsable
commerciale n’insiste pour connaître le donneur d’ordre. A moins de
penser que j’ai eu pour projet illogique et sans but crédible de
vouloir faire passer une publicité clandestine à la barbe du support.
Qui peut croire sincèrement en une telle ineptie ? Toujours est-il que
Mme Bennani m’a alors répliqué que « si c’est pour vous, nous
acceptons de vous concéder une réduction de 30% sur notre tarif public
», ce à quoi je lui ai répliqué en la remerciant pour son geste que
cette négociation de tarif devra se faire directement avec
l’ordonnateur de cet achat, en l’occurrence M. David Strepenne, son
vis-à-vis chez Calmann-Lévy. Pour autant, et à ce stade, je n’ai pas
de peine à croire qu’il ne s’agissait encore que d’un malentendu.
Cependant, entre le 9 juin, date de ma communication téléphonique avec
Mme Bennani et le 18 juin, date de l’annulation verbale de cette
publicité le jour même du bouclage de l’édition à paraître le 20 juin
où devait figurer l’encart, M. David Strepenne et Mme Boutaina Bennani
ont été en contact pour formaliser la transaction (ils ont échangé 5 mails
entre le 12 et le 17/6 portant tous la mention de l’objet de la transaction. Il est étonnant de
la part de TelQuel d’affirmer que ce « n’est qu’une fois cette
réservation confirmée que notre régie a découvert que ‘l’ami’ en
question était la maison d’édition française Calmann-Lévy ». Qui
pourrait croire en cette affabulation aussi grotesque ? Mais passons,
les malentendus peuvent parfois défier l’entendement lorsqu’on ne veut
croire que dans de viles théories du complot.

b) Sur la confusion entre politique commerciale et ligne éditoriale

Sur l’essentiel, c’est bien le contenu même de cette publicité qui a
été le motif de ce qui ne doit être interprété que comme un refus de
vente pour des raisons exclusivement éditoriales, ce que reconnaît
d’ailleurs TelQuel dans son communiqué : « Ce qui nous a dérangés (…)
c’est le fait qu’il soit question du roi dans cette publicité ». Voilà
qui a le mérite d’être clair et instructif. L’explication est
toutefois sidérante. Parce que TelQuel prétend se défendre de
participer à faire l’apologie de la monarchie en refusant la publicité
de louanges de certains annonceurs à l’occasion des anniversaires du
souverain ou lors d’occasions officielles, le magazine estime
inconvenant en parallèle d’accepter celle d’un livre « qui évoque le
roi sans complaisance ». Outre le fait que ce lien de causalité laisse
pantois , en quoi la reproduction de la couverture de l’ouvrage en
question sous forme de publicité peut-elle être considérée comme
attentatoire à la personne du roi ? Surtout que TelQuel a consacré
plusieurs articles à l’ouvrage et n’a pas manqué d’en publier (en sus
de sa couverture) de très larges extraits, certes sélectionnés avec
une minutie de dentelière pour des raisons qu’il est facile
d’entrevoir. A ce titre, il est d’ailleurs intéressant de constater
que pour justifier l’annulation de cette publicité, TelQuel attribue à
la fois la rédaction de son communiqué à ses journalistes et à «
l’équipe de TelQuel », entretenant ainsi de facto la confusion des
genres entre politique commerciale et ligne éditoriale, reproche qui
m’est bizarrement opposé de surcroît en accroche de ce communiqué sans
plus d’explications. La règle aurait voulu, puisqu’il s’agit d’une
affaire commerciale au sens strict que ce soit la direction
commerciale de TelQuel ou tout au plus son Directeur de la publication
qui prenne position respectant ainsi la sacro-sainte muraille de Chine
qui prévaut entre la publicité et la rédaction. Mais puisqu’il s’agit
dès lors d’un consensus, il faut donc conclure que TelQuel dans sa
globalité estime que mon ouvrage relève de la subversion lorsqu’il
s’agit de publicité et de livre de référence lorsqu’il s’agit d’en
publier les bonnes feuilles.

c) Sur la publicité en elle-même

Et s’il est uniquement question de politique commerciale , pourquoi
engager les journalistes dans la critique du message publicitaire en
lui-même. Est-ce le commercial qui parle ou la rédaction ? Est-ce
peut-être les deux en chœur ? Revenons sur l’accroche publicitaire («
Le best-seller introuvable au Maroc »). Elle a été excommuniée par
TelQuel qui l’accuse sans appel d’être d’une « malhonnêteté
confondante » rejetant la seule responsabilité de la non disponibilité
de l’ouvrage au Maroc sur « le distributeur attitré de Calmann-Lévy
qui a choisi de ne pas commander ce livre au Maroc, en l’absence de
toute censure ou interdiction ». En réalité, tous les exemplaires
expédiés au Maroc depuis plus d’un mois sont systématiquement retenus
par l’administration des Douanes au prétexte que cet ouvrage n’a pas
reçu l’autorisation nécessaire du ministère de la communication.
Quinze exemplaires du lot destinés à l’auteur ont d’ailleurs été
saisis aux douanes de l’aéroport Mohammed V de Casablanca dans ce
cadre. Début mai, j’ai introduit une requête officielle à M. Khalid
Naciri, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement
pour la levée de ce blocage. Jusqu’à ce jour, je n’ai reçu aucune
réponse de son département. A l’évidence, TelQuel entérinant sans
réserve une position officielle non dite, n’a pas jugé nécessaire de
s’enquérir de la vérité des faits, d’autant que la presse s’en est
déjà fait l’écho, ni de demander à Calmann-Lévy le statut du livre qui
s’apparente à l’évidence à une censure de fait. Une posture d’ailleurs
contradictoire avec sa position éditoriale sur l’interdiction qui
frappe de nombreux ouvrages sur le Maroc édités à l’étranger qui sont
tout aussi « introuvables » dans les librairies du pays. Pour preuve,
dans son édition n°328, TelQuel titrait en une : « Les livres
interdits » avec la mention « Royaume du Maroc-Censuré » en forme de
pastiche de tampon administratif. Le dossier faisait l’énumération des
ouvrages que les autorités marocaines avaient d’une manière ou d’une
autre bannis à l’importation au Maroc et que TelQuel qualifiait alors
« d’introuvables », expliquant même par le détail les méthodes
utilisées pour les rendre « indisponibles ». On y retrouve en bonne
place le livre « Le dernier roi » de Jean-Pierre Tuquoi édité par
Grasset en 2001. Une simple vérification de TelQuel aurait-elle abouti
à d’autres conclusions ? En effet, tout comme Calmann-Lévy, Grasset
fait partie du groupe Hachette dont le distributeur exclusif au Maroc
est Librairie Nationale qui s’était refusé à le distribuer pour des
raisons qui demeurent tout aussi obscures. Et tout comme mon livre en
2009, le livre de Tuquoi n’a jamais été autorisé par le ministère de
tutelle. TelQuel parle donc pour expliquer des causes similaires, de «
censure » pour les cas précédents et de « malhonnêteté » pour le mien.
En fait TelQuel ne se trompait pas dans son dossier, et pour cause,
tous les journalistes savent que depuis l’épisode de « Notre ami le
roi » de Gilles Perrault en 1990, l’administration ne fait plus jamais
cas officiellement d’une interdiction d’ouvrage. Elle oppose
simplement une fin de non recevoir aux demandes de sésame exprimées
par les auteurs ou les diffuseurs et ordonne en sous main leur saisie
aux frontières. Oubli ? confusion ? erreur de jugement de la part de
TelQuel sur mon cas ou à contrario sur les autres cas de livres
censurés ? Difficile à croire en la bonne foi de cette publication à
la mémoire sélective, tant il s’agit à l’évidence d’un innommable
parti pris qui n’a pas troublé sa bonne conscience, car le choix
auquel elle a été confrontée n’a pas été si cornélien à la lecture des
arguments qu’elle défend aujourd’hui… Je constate que son incohérence
ne peut découler que d’un parti pris à mon égard au nom d’une «
politique commerciale » qui ne dit pas son nom.

e) A propos des mails informant de la censure de la publicité

TelQuel a été irrité de la diffusion par mail de l’information sur son
refus de passer la publicité du livre qualifiée de « censure ». Le
magazine, s’étant expliqué de sa décision par écrit à l’éditeur, il
estimait que « l’affaire était close » évoquant une interférence
dommageable entre publicité et rédactionnel. Calmann-Lévy se devait
donc de taire l’événement. Ce que refuse d’admettre TelQuel dans son
communiqué est que la raison opposée à l’éditeur de la bouche même de
Mme Bennani est que cette publicité est « non conforme à la ligne
éditoriale de TelQuel ». Des propos repris par David Strepenne dans
son mail. Pourquoi TelQuel considère-t-il cet aveu comme incompatible
avec la réalité, puisque son communiqué reconnaît qu’il s’agit d’une
gène suscitée par la nature critique de l’ouvrage à l’endroit du roi ?
Où se trouve la ligne de démarcation tracée par TelQuel entre
publicité et indépendance journalistique ? Faut-il comprendre alors
que tous les livres jugés défavorables à la monarchie peuvent être
cités dans des articles du magazine, leurs auteurs interviewés, mais
que leurs annonces publicitaires seront systématiquement refusées ?
Est-ce de cette manière que TelQuel garantit l’indépendance de sa
rédaction ? Et s’il s’agissait d’une publicité d’un livre à paraître,
TelQuel devrait-elle alors juger sur la couverture, sur la réputation
de l’auteur ou requérir le manuscrit avant de décider ? En France,
l’existence d’un Bureau de vérification de la publicité (BVP) , organe
indépendant, dispense les journaux de ce genre de dilemme, puisque,
comme son nom l’indique, il peut invalider à postériori les annonces
sur des critères acceptés en démocratie, notamment lorsqu’il s’agit de
publicité mensongère ou à caractère dangereux pour la santé pour des
produits de consommation , ou encore cas rarissimes, de livres
diffusant des idées haineuses, racistes ou appelant à la violence. A
l’exception de ces cas précis, le refus est susceptible d’être
assimilé à un refus de vente condamnable par les lois régissant le
commerce. Une attitude qui s’éloigne de ces principes en matière de
presse viendrait à faire accepter le dogme si souvent défendu par nos
censeurs que les règles universelles de démocratie doivent être
comprises à l’aune d’une spécificité marocaine respectueuse des «
constantes de la Nation ». En clair, ce serait accepter sans broncher
les fameuses lignes rouges du code de la presse. Exercer « avec
responsabilité » le métier de journaliste. S’auto-censurer en somme et
censurer les déviants.

d) Sur la « neutralité » invoqué à mon égard

Mais TelQuel ne s’arrête pas là. Je ne vais pas m’appesantir sur sa
reprise dans ce communiqué de qualificatifs insultants qui ont fait
florès dans la presse après la publication de mon ouvrage. Je constate
tout simplement que TelQuel reconnaît n’avoir pas cédé à la curée
mettant en doute ma probité sur le simple argument de « confraternité
». Je n’ose donc imaginer sa position si je ne faisais pas partie de
cette corporation de journalistes. Bel exemple de professionnalisme où
les liens sectaires sanctionnent la moralité des personnes ! Bel
exemple aussi et surtout de rectitude lorsque la neutralité passive
est érigée en dogme du métier. Puisque le débat est ouvert, parlons de
cette « neutralité » dont se targue aujourd’hui TelQuel et que ses
journalistes sont prompts à lever lorsque les impératifs de
communication de leur publication les amène à se faire adouber en
censeurs. Lorsque le Prince Moulay Hicham avait sollicité TelQuel à
l’instar d’Al Ayam pour faire paraître son torrent d’insultes à mon
égard, le magazine avait demandé au prince d’expurger de son texte les
passages les plus infâmants car susceptibles de poursuites judiciaires
tout en acceptant de lui consacrer un encadré quasi publicitaire dans
lequel le cousin du roi mettait en cause mon intégrité. Ma réplique au
prince, quant à elle, sera consciencieusement ignorée par TelQuel
malgré mon insistance. Pire, une accroche trompeuse en Une du magazine
titrait « Moulay Hicham répond à Ali Amar », comme si TelQuel avait
précédemment publié ou fait état de ce que le prince me reproche !
Après cela, parler de manipulation de ma part confine à la
grossièreté.

3 07 2009
marocbook

DROIT DE REPONSE DE CALMANN-LEVY A TELQUEL

Dans un communiqué en pleine page de votre numéro daté du 20 au 26 juin 2009, vous mettez gravement en cause la Société CALMANN LEVY en prétendant qu’elle se serait « laissée entraîner dans une manipulation grossière » initiée par Ali AMAR, auteur de son ouvrage « Mohammed VI Le Grand Malentendu ».

Vous expliquez qu’Ali AMAR aurait abusé votre régie en réservant un espace publicitaire dans vos colonnes, tout en leur taisant l’identité de l’annonceur -CALMANN LEVY-, ainsi que l’objet de cette publicité, le livre d’Ali AMAR.

Vous ajoutez qu’en découvrant le contenu de l’annonce publicitaire, votre régie a pris contact avec nos services pour « expliquer le malentendu qui aurait été évité dès le départ si Ali AMAR avait été honnête et transparent ».

Nous vous rappelons que nos directeurs commerciaux respectifs ont échangé, entre le 12 et le 17 juin derniers, pas moins de cinq mails afin de convenir des modalités techniques et financières et de la date de parution de cette publicité, et que tous nos mails mentionnaient en objet « PUB ALI AMAR – MOHAMMED VI LE GRAND MALENTENDU ».
Vous ne pouvez donc soutenir sérieusement que nous aurions agi en nous dissimulant derrière notre auteur, et participé ainsi à une opération de « manipulation ».

Vous n’avez pas apprécié le ton et le contenu de cet encart publicitaire, c’est votre droit, mais nous ne pouvons admettre que vous cherchiez à justifier le revirement de votre « politique commerciale » en mettant en cause notre honnêteté et notre « crédibilité ».
Enfin, il nous paraît à tout le moins déplacé de qualifier de mensongère notre publicité « le best-seller introuvable au Maroc », puisque c’est bel et bien une réalité, aucune librairie marocaine n’ayant commandé l’ouvrage à notre distributeur local et ne l’offrant donc à la vente au public.

3 07 2009
marocbook

Il est nul besoin de vous dire que TelQuel a refusé de publier les deux mises au point (ci-dessus), malgré les dispositions légales du code de la presse !

27 07 2009
« Une décennie de règne » & « La transition inachevée ». « Des maux à dire

[...] déjà commencé à faire le tour des bouquins sortis à l’occasion, et entamé la série par une lecture du livre de Ali Ammar. Je vous propose aujourd’hui deux autres ouvrages : « Le Maroc de Mohammed VI, la transition [...]

25 11 2009
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5 08 2010
Miket

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