MALI, le mouvement de la discorde

23 09 2009

L’affaire des dé-jeûneurs de Mohammedia a pris des dimensions démesurées. D’une part la réaction de l’Etat était disproportionnée par rapport à l’événement, d’autre part, les médias ont couvert l’événement d’une manière à en faire un vrai sujet de société.

Nous avons constaté un certains nombre de réactions, notamment de la part d’ONG de droits humains ( OMDH, AMDH, Bayt Alhikma, … ) qui d’une manière générale traite du sujet de la liberté du culte et sur le fondement même du concept de « l’ébranlement de la foi ». Certains acteurs politiques ( PAM, MP, … ) étaient, à l’opposés, dans la défense de la sacro-sainte de ce que l’on qualifie de « unanimité nationale » et « constantes de la nation », concepts par ailleurs farfelus et sans contenu précis eu égard de la loi. Dans la presse, on a pu lire également la réaction d’un groupe de citoyens qui a appelé à l’organisation d’un sit-in contre « les agissements irresponsables » des membres de MALI. Dans certains articles, le nom de la jeunesse de l’USFP ( Chabiba Ittihadia ) est cité dans le même contexte. La presse, que je respecte énormément, et que je considère comme maillon essentiel et facilitateur important dans un Etat de Droit, aurait pu, objectivité oblige, demander la véracité de cette information auprès des instances habilitées.

De toute manière, à mon avis de simple militant, je considère qu’aujourd’hui, que la question est plus grande qu’une simple question d’un mouvement de dé-jeûneurs. Je ne peux cautionner l’appel de MALI à enfreindre une loi afin de la réformer. Ce n’est nullement réformiste. Peut-on l’assumer ? Mais sur un autre plan, je suis favorable à un débat national ( ou plus grand ) sur la liberté du culte, principe fondamental des droits humains. Plus généralement, en hiéarchisant  les priorités, je pense que d’autres sujets sont plus importants. Je me demande sincèrement comment le citoyen marocains s’indigne violemment devant les 10 malheureux dé-jeûneurs, qui finalement ne le touchent absolument pas, et ne réagit pas au prix de la tomate, denrée capitale dans la harira ramadanesque, qui a atteint 25 Dh dans certains étalages des villes marocaines ? Comment l’Etat se mobilise à haut niveau ( le conseiller du Roi se réunit avec les chefs des partis, tel que rapporté par la presse ) pour une action de 10 jeunes armés de sandwichs alors qu’aucune suite n’est donnée à des appels de réformes constitutionnelles lancés par des partis de gauche représentant des dizaines de milliers de militants ? Le débat est biaisé de plus belle.

Le « mouvement » Mali a finalement obtenu plus qu’il n’espérait, une grande médiatisation du dossier de la liberté du culte, qui par ailleurs figurerait certainement dans les rapports des ONG internationales et ceux du département d’Etat américain ou encore européen, mais finiront par comprendre, que dans la pratique des choses, le seul tapage médiatique ne résout pas fondamentalement les choses dans ce pays.

Par ailleurs, sommes-nous en mesure d’affirmer qu’un acteur nouveau ( facebook, twitter, … ) est entré dans la scène au Maroc ? Difficile de confirmer, à mon avis. Si aujourd’hui l’actualité est faite de coups de médiatisation des débats sur facebook, ou autres réseaux sociaux ou tribunes de blogs, aucun débat profond de la société n’a abouti ou même organisé autour de ces initiatives, nombreuses et diverses. Ceci étant, ces initiatives ont certainement le mérite d’avoir brisé plusieurs tabous et permis un échange intense, franc et sans censure entre marocains et dégager les clivages vertueux.

Addenda : La journaliste Zyneb, accusée d’être la meneuse du mouvement, et portée disparue depuis Mercredi dernier, s’est livrée par elle même, en compagnie du responsable local AMDH Abdellah Mesdad, à la police. Elle a été entendue par le procureur avant d’être déférée à la police.

Une pétition circule pour “l’abrogation du décret 222 … & soutenir les militants de MALI, et de réaffirmer notre attachement à la liberté de culte”.


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20 réponses

23 09 2009
hmida

Peut-on dire qu’une action menée par une poignée – je crois qu’il s’agit de 10 personnes – constitue un un MOUVEMENT?

Comment appeler alors les milliers de sympathisants de notre doux rêveur national qui se voyait conduire la qawma?

Comment appeler alors les centaines de milliers de la majorité silencieuse?

Du sérieux et ne donnons pas aux choses plus d’importance qu’elles n’ont!

Les Twittereurs, avec les 140 caractères et la facilité que cela donne pour exprimer n’importe quoi, vont finir par croire qu’ils représentent le Maroc réel!

Rappelle-toi, Mounir, nous avons été incapables de mener à bien une très belle initiative soutenue par des centaines de personnes de tous bords…Rappelle-toi de EDUCATION DÉVELOPPEMENT ..elle était bien plus importante que le MALI mais elle est restée du domaine du rêve…du virtuel…..

Alors, le MALI ….vraiment c’est rien du tout ..mais alors rien de rien ….

23 09 2009
waaayli

c’est un très bel article qui relate le Buzz qui dégénère et ce essentiellement à cause de l’absence de relais médiatique et légal sur le net qui puisse relativiser et soupeser le “danger” et l’importance de tels micro-phénomènes… ces derniers peuvent effectivement mériter l’envergure d’un grand événement ou tout simplement relever de la niaiserie internet, chose très répandue ailleurs comme ici..

23 09 2009
kalimate

La vieille question est toujours d’actualité, la question de l’héterogéïnété de notre société qui provoque encore l’esprit. Tout est là entre hier et aujourd’hui, entre mutation et inertie, entre continuité et discontinuité, entre assignation néo-conformiste aux limites et affirmation confiante ou le DEVENIR DE PLUSIEURS REFERENTS.
Comment rendre possible un rapport vivant à nous même , sans feindre ignorer les conflicts inhérents à l’appropriation de la modernité?
Bref,je suis tentée de poser la question qui suit à ces jeunes:
A quoi nous appartenons-nous si de nos propres mains et à coups de dent, pire ,par manque de volonté , on détruit ce qui nous reste d’identité ?

Pour briller, le combat est ailleurs.

23 09 2009
canadien

Elle est belle l’époque où les gauchistes dé-jeûnait en silence chez eux, sans vouloir heurter les sensiblités des jeûneurs. Personne n’a jamais râlé.
Mais vouloir en faire un mouvement, en faire une affaire publique et surtout amener en renfort des journalistes étrangers, ca veut tout simplement dire que la cible n’est pas la loi 222 mais bel et bien l’Islam.
Aujourd’hui c’est le ramadan, demais ca sera la Gay parade (oui eux aussi selon ce principe de liberté ont le droit de sortir dans la rue), et pourquoi pas le mariage gay ensuite la légalisation des drogues et puis les prostituées manifestent pour avoir une place au soleil et encore…
Mais oui nous sommes entrain de bâtir une société permissive.
Hmida a parlé de votre projet EDUCATION DÉVELOPPEMENT. Qui vous a soutenu dans ce projet parmi ces gens là?
Je crois qu’on se trompe de combats !
Et qu’on a pas le sens des priorités !
Et que certains se plaisent à jouer les marionnettes des médias étrangers !

23 09 2009
politis

Ils et elles ont voulu créer le buzz…Ils et elles ont juste créé le bizbiz….Juste de quoi faire parler d’eux et d’elles!

Pendant ce temps, les marocains et les marocaines ont continué à jeûner pour ceux qui jeunent et ils et elles sont très nombreux, continué à ne pas jeûner pour ceux qui ne jeûnent pas et ils et elles sont très nombreux! Et lundi matin, le jour de Aid El Fitr, les uns et les autres étaient heureux de se retrouver autour de la même table garnie de petits gâteaux et d’un plateau de thé!

Les “Maliens” ont voulu jouer aux héros …Ils ne sont de petits zozos en mal de publicité!

Zineb LAGHZAOUI a même joué au “Fugitif” 3la allah wa 3asa elle passe à la télé!

Je rejoins Kalimate : POUR BRILLER, LE COMBAT EST AILLEURS!

23 09 2009
Ali Aijjou

Félicitations pour le traitement d’un ‘sujet’ aussi périlleux qui impose une réelle gymnastique intellectuelle pous en cerner les conteurs et les dimensions sans pour autant prendre clairement position
La conclusion a le mérite de poser les vrais questionnements
41 ans de matrquage médiatique, sans discontunuité, ont imprimé à la société marocaine une certaine régression qui trouve son expression dans la sortie d’un Abdelbari Zemzemi, l’appel de Mustapha Moatassim ou encore: Ismail Alaloui (PPS), Rachid Nini (Al Massae), Ali Nozla, Abdel Ilah Benkirane (PJD), Mohamed Abied (UC), le Conseil des Oulémas de Mohammedia
Heureusement, qu’il y a eu des avis nuancés, comme ceux de Khadija Rouissi (Bayt al Hikma), Amina Bouyach (OMDH), Ahmed Khamlichi (Dar al Hadith et l’AMDH et c’est sans conteste Abdelhafid Islami (membre de la commission administrative de l’AMDH) qui a traité cette affaire d’une façon plus brillante
La révision constitutionnelle (acuellement en chantier et en catimini) se doit de trancher, entre autres, la liberté du culte
Quant à l’émergeance de ‘facebook’ et autres réseaux sociaux dans ce type de débat, il est certain qu’ils pèsent lourdement sur les décisions. Et, cette opinion publique est appelée à peser davantage et à faire sauter tous les tabous et freins qui entravent la société marocaine
La “concentration des pouvoirs” entre les mêmes mains montre ses limites, ses paradoxes et contradictions

23 09 2009
Mohamed (EKM)

Liberté de culte … je suis pour si applique les règles de l’islam (charia)

24 09 2009
Ali Aijjou

@ EKM : il convient peut être de souligner que les dispositions des articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) dont le Maroc est signataire et à laquelle se référe le préambile de sa Constitution prime les lois nationales, entre autres, en la matière.
Toute clarification ne peut se faire que dans cet ordre et pour preuve la promulgation du nouveau code de la famille. Les tenants de la Chariâa n’y ont rien trouvé à redire ! Et, je ne vois pas comment, Le Maroc pourra faire l’écononomie du reste. La “mise à niveau” (expression utilisée pour le néo-makhzen à toutes les sauces) du corpus juridique et réglementaire s’impose en extrême urgence. Trop d’interdits sont bafoués tous les jours et trop de libertés sont violées à chaque instant.
La liberté du culte n’est qu’un élément parmi tant d’autres

24 09 2009
Ali Aijjou

articles : 19, 19 , 28 et 30 et les 3 premiers§ du préambule de ladite DUDH

24 09 2009
Fettah

Joli papier! Et très objectif à mon sens.
Il faut préciser que les militants du MALI n’ont jamais eu l’intention de manger à la gare, mais d’aller pic-niquer à la forêt, à l’abri des regards.
On peut leur reprocher leur maladresse, mais pas grand chose d’autre…

24 09 2009
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24 09 2009
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1 04 2010
logiqos

le mouvement Mali n est qu’une espece de criminels d ethique.s ils croient vraiment qu ils sont de hauts niveaux; ils vont pas heurter les valeurs de 30 millions d etres humains pour ne pas dire musulmans .le maroc est pays musulmaun.cherchez ailleurs pour vos coutumes de ……

1 04 2010
azoulay

un tel geste a mon avis ne necessite pas meme un micro eme mililitre d encre.q une seule assise au tribunal penal ;salam tt le monde

20 08 2010
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Manifeste pour une réforme politique démocratique « Des maux à dire

[...] un climat sain de débat public, la réforme radicale de l’enseignement et le rétablissement des droits individuels et publics tels qu’universellement [...]

22 03 2011
rabii

Mademoiselle votre intervention sur art la chaine franco-allemande rends votre message non crédible.le mélange des genres et la cacophonie de vos propos rends illégitime ce souffle de liberté je comprends pourquoi vous êtes journaliste et chômeuse vous avez aucune assise politique vous avez jamais occupée le champs politique votre langage vous trahit .la religion est personnelle et le fait de l utiliser comme otages est réducteur de plus parler de l étouffement de la femme au Maroc est passéiste je connais plus de femme d affaires au Maroc que d hommes .dommage votre intervention est médiocre sans fondement …

22 03 2011
le raisonnable

@rabii

Femmes d’affaires au Maroc? Merci pour cet argument anecdotique déroutant. Dans la même lignée, et pour gagner des points Godwin, certains Nazis étaient juifs.

Les femmes au Maroc ne peuvent pas hériter comme leur frères, et ne elle peuvent épouser des non-musulmans (alors que les hommes peuvent le faire). C’est de cela dont il s’agit. J’attends de voir comment tu rationalise ces abominations.

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