USFP et le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne

17 11 2009

A quelque semaine de la tenue du conseil national de l’USFP, le débat est revenu notamment sur la question de la participation gouvernementale. Je retranscris ici, ma traduction ( enfin ) d’une déclaration donnée à un journal de la place, en Septembre dernier.

Je considère, à mon sens, que le Maroc ne vivrait plus, au moins depuis les élections législatives de 2007, dans la logique des accumulations qui a bâtit l’ère de ce l’on a convenu d’appeler « la transition consensuelle » et de ce qui en résulte. Nous vivons une apostasie du projet du « processus démocratique », ou pire, nous recevons les condoléances du décès de la politique d’une manière humiliante !

Ainsi, et à partir de plusieurs données objectives que nous avons soulevé à propos de l’évaluation ou du dessin des traits de l’ère politique et suite également aux accumulation de l’USFP ( rapport de la commission d’évaluation des résultats 2007, Déclaration du 8ème congrès ), beaucoup de militants pensent-ils que la participation de l’USFP à un gouvernement incompatible et ne possédant aucune vision de réforme n’est que continuer à faire durer cette bourde mettant à mal la valeur du parti. Il n’a pas été donné suite au mémorandum des réformes constitutionnelles que le parti a présenté conformément aux résolutions du 8ème congrès qui limite notre participation gouvernementale. Et même la réforme de la justice, placée sous notre tutelle, je me demande sincèrement comment nous pourrons réaliser ce chantier alors que le Roi lui a posé un seuil en annonçant dans son dernier discours que “la justice est du ressort de la Commanderie des Croyants” !

Nombre de militants de l’USFP se demandent comment continue le leadership du parti à confirmer cette image, déjà ébranlée, du parti dans un gouvernement ne possédant aucune décision politique, appliquant des politiques de droite et dans une alliance contre nature, au prix même de l’âme du parti. Il se peut que nous divergions avec certains de nos camarades sur de grands choix, et nous avions demandé plusieurs fois de canoniser les différences par l’institutionnalisation des courants certes, mais aujourd’hui, même la questions des courants ne possède plus une grande valeur devant le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne ?

Une des entrée essentielle pour exiger les grandes réformes, qu’il n’est plus à prouver que les autres forces politiques ne sont pas prêtes à l’entamer, reste la sortie de l’USFP du gouvernement, acte compatible avec son âme et les positions de son dernier congrès. Il est demandé à l’USFP aujourd’hui à rassembler les forces de gauche et progressistes autour du projet de l’Etat équitable socialement, moderne dans tous les sens et réellement démocratique, que nous ne possédons pas le privilège pragmatique, idéologique et philosophique de le concevoir en dehors de la monarchie parlementaire !

Nous avons signé, en compagnie de nos camarades, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations de gauche, une « lettre au peuple de gauche » contenant un cri devant une piètre situation de la gauche entière, gouvernementale, opposée et même en dehors des organisations. Nous souhaitons installer un grand courant idéologique infiltrant toutes les organisations et qui exerce de la pression pour unifier la vision autour de la construction de l’Etat. L’objectif de cette initiative est de sortir la gauche de sa mort clinique. Nous ne sommes pas putschistes, ni même scissionnistes, nous sommes unitaires et nous oeuvrerons à poser les vrais questions de la patrie, à partir de nos conviction et attachement aux principes fondateurs de la gauche : une ambition collective pour la patrie, le courage dans les positions et la clarté idéologique.

Je me permets d’insister ici que l’unité de la gauche n’est pas une fin pour notre militantisme. Comme j’ai précédemment évoqué concernant la question des courants, le sujet de l’union et ses formes n’est plus une priorité quand on se pose la grande question de la patrie. Je considère que l’on revient à se poser les mêmes questions de l’Etat tels que posés à l’aube des années 60 et que toutes les accumulations qu’a réalisé la gauche à travers ses combats et le sang de ses martyrs se retrouvent aujourd’hui devant un grand danger de retour en arrière.


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17 11 2009
lbadikho

pourvu que tu te fasse entendre ;-)

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