Ainsi disait Laroui à propos de la politique. Extraits politiques « min diwan Assyassa ».

Nous nous rapportions l’information de la publication du nouveau livre de Laroui avec admiration et étonnement. Notre Ami Tafnout était le premier à nous rapporter l’information, comme si c’était une avant-première. On se bousculait pour lire et comprendre le livre. On a parlé du contexte de sa parution. Beaucoup ont parlé sur comment le lire. Tafnout avait l’idée de dire qu’il faut dépasser Laroui, le géant, comme le faisait Marx avec Hegel. Certains d’entre nous contemplaient la simplicité de la langue, alors que d’autres, comme Bajjou, remarquaient comment Laroui surgit et parle de politique après avoir coupé les liens avec elle. Peu d’articles ont été écrits sur le sujet. Généralement les journaux ont publié des extraits du livre, sans les commenter.

Je ne suis qu’un lecteur séduit par la thèse de Laroui. Je ne suis ni philosophe ni chercheur d’histoire, je suis ingénieur et intéressé par l’action politique. Je lis Laroui à partir de cette base. Ceci est le contexte et le pourquoi de ce présent texte.

Il est dificle de parler de l’œuvre de Laroui, et de surcroît, du dernier livre. Ce qui distingue Laroui est sa capacité à donner la thèse et l’antithèse, ses représentations dans l’histoire, jusqu’à ce qu’on se perd dans son orientation, avant qu’il tranche dans son choix. Ce déterminisme dans la théorie n’a d’égal que la déception du lecteur du fait qu’il ne tranche pas aussi simplement pour prendre une position donnée de l’action, surtout politique. Remarquons que Laroui avise dans l’introduction de son livre le lecteur à ce sujet(1) : « ce qui importe le journaliste c’est la réponse et non les références, les conclusions et non les introductions. Peut-on comprendre la réponse sans introductions ? ».

Il vient à l’esprit, après une première lecture du texte de Laroui, qu’on a besoin d’une grille d’analyse nouvelle, à travers laquelle, nous pourrons, en tout cas nous essayerons, de déchiffrer les réponses de Laroui à propos de la réalité politique marocaine. Il se peut que d’autres aient une autre grille d’analyse qui n’aboutirait pas nécessairement aux même remarques et conclusions.

1 – Remarques de forme :

Le lecteur fait plusieurs remarques de forme de l’ouvrage. Ce dernier s’étale sur environ 150 pages et se présente sous forme d’un dictionnaire simple d’un ensemble de concepts. Cette forme vient après que Laroui ait commencé par exposer sa thèse dans « L’idéologie arabe contemporaine », puis il avait senti qu’il ne fut pas compris, ce qu’il l’avait acculé à publier la série des livres de « concepts » comme formule de simplification de sa vision et de sa thèse. Et nous de nous demander : Le nouveau livre résulte-t-il d’une incompréhension des concepts qui a conduit l’auteur à simplifier le simplifié, ou c’est le public à qui s’adresse-t-il, c’est à dire le politique, acteur et observateur, qui ont fait que le langage soit plus simplifié ?

L’ouvrage se compose, selon la classification de son sommaire, de plusieurs chapitres, contenant chacun un ensemble de micros concepts ( pour ne pas confondre avec les œuvres des « concepts » de l’auteur). Il évolue du chapitre des « instincts » aux chapitres de la réforme et de l’espace politique, en passant, en milieu de l’ouvrage, par les chapitres de l’éducation. Cette évolution résumée est le cœur de l’idée de l’auteur : passer du « l’Homme penchant vers l’animal » avec ses instincts, à l’homme civilisé moderne vivant dans l’Etat démocratique. L’idée du passage des traditions à la modernité à travers l’éducation. Paradoxalement, l’ouvrage pourrait facilement être lu d’une autre manière, de la fin au début, de la modernité à la tradition, de la réforme aux instincts, de l’Homme civilisé à « l’Homme animalier ». Quoique l’auteur dit que le sens inverse est possible, que le retour en en arrière est plausible, Laroui a choisi l’optimisme, en écrivant dans le sens où l’ouvrage se présente aujourd’hui.

2 – Remarque sur les circonstances politiques de l’ouvrage :

« Min diwane assyassa » est le premier livre de Laroui discutant de l’espace politique dans l’ère du roi Mohammed VI. Après « Le Maroc de Hassan II », où Laroui a dit ce qu’il avait à dire sur la période du règne de défunt roi, ce nouvel ouvrage coïncide avec les 10 ans du « nouveau règne », le retour aux dires « disparition du printemps démocratique marocain » et « l’étroitesse de l’horizon démocratique », et le retour insistant des demandes de la réforme de la constitution. On a posé la question(2) en 2008 à Laroui s’il considère toujours que « le Maroc est le pays arabe le plus prédisposé à la modernité » et lui de répondre avec sa manière tranchée habituelle : « Je serai aujourd’hui sans doute moins affirmatif. Notre pays n’est pas une île et notre société est devenue tellement poreuse. Mais je m’accroche à l’espoir que la tradition, chez nous, n’est pas complètement une néo-tradition ». C’est ainsi qu’il tient à exposer(3) l’histoire : « Mohamed V hérita d’un trône sous tutelle étrangère. Il n’avait point de pouvoirs sur aucun des instruments de l’Etat … il ranima alors les rituels de la bay’a ( Allégeance ) en lui donnant un nouveau concept. Les nationalistes, dans leurs écrits, l’appelaient le « pacte sacré ». Il prêta serment d’œuvrer, avec les autres, à récupérer l’indépendance et l’établissement de la constitution … dans la vie de Mohamed V se réalisa l’indépendance et la constitution ne fut autre que promesse. Puis vint son successeur Hassan II et se comporta, pour des raisons internes et externes, comme s’il y avait opposition entre les deux. Il prodigua la constitution, puis il l’annula, ensuite il l’a amendé afin qu’elle ne touche rien à sa monopolisation de l’initiative … Nous sommes donc, perpétuellement, entre peur et espoir, entre marrée haute et basse, … La royauté est unique, la monarchie a plusieurs types. L’image est unique, le contenu diffère d’une ère à une autre et d’une société à une autre ».

Pour qui écrit Laroui son dernier ouvrage ? écrit-il pour conseiller le gouvernant, comme ce qu’il avait fait auparavant, où vise-t-il l’élite déçue et perdue ? L’ouvrage  est-il destiné au public de part sa simplicité apparente ou à ceux qui peuvent agir dans le domaine politique ?  Le livre, propose-t-il une thèse pour l’après « marge démocratique » ou parle-t-il du long terme ? Nous essayerons de toucher toutes ces questions importantes, et d’autres, à travers une lecture minutieuse du texte. Avant la parution de cet ouvrage, Laroui avait déjà commencé à donner(2) fin 2008 des débuts de réponses : « Le recul des institutions au Maroc aujourd’hui, je l’appellerai plutôt recul des  espérances institutionnelles. J’ai toujours exprimé le souhait de voir le pays se diriger, lentement mais sûrement, vers un régime de monarchie véritablement constitutionnelle et parlementaire, où le roi règne, guide, conseille, influe, mais ne s’implique pas dans la direction des affaires courantes, même pas par le biais de l’action caritative, car celle-ci laisse croire qu’il dispose d’un trésor inépuisable. Tout cela pour sauvegarder son autorité morale. Il doit avoir tous les moyens pour être et rester le roi du Maroc et des Marocains. Mais ceci est mon souhait ; il ne compte pour rien ». avant de les compléter dans le présent ouvrage(4) : « Sous l’analphabétisme, la politique est prépondérante et basse. Dans le système démocratique, son espace est étroit et sa valeur est grande ». Ceci paraît comme une réponse à la classe – élite politique entière, qui « parle » beaucoup de la politique, des réformes, … et ne fait que peu pour ce but qu’espère Laroui et dont nous nous attendions tous dans le camp moderniste. Je croix véritablement que « Min Diwan Assyassa » est destiné à l’élite, politique et intellectuel, dans tous ses spectres : carré réduit de gouvernance, « prêcheurs » du roi, opposition, …

3 – Lecture du contenu :

Le besoin d’une révolution culturelle impliquant le matricide.

« Il n’y a point de démocratie avec l’analphabétisme … au niveau de l’Etat-Nation. Toutes les bases de cet état contredisent l’analphabétisme, c’est à dire la culture de la mère ( en arabe, Aloummya, analphabétisme, vient de la même racine que Oum, mère ) » dit(5) l’auteur, « En ce moment commence la politique en tant que théorie et se distingue de la politique en tant que gestion spontanée. Ainsi l’humanité s’éloigne-t-elle de l’animalier »(6). Pour réaliser le « sevrage » escompté, Laroui observe le rôle important de l’enseignement et de l’éducation. Leur rôle est justement de faire passer l’Homme de la culture de la mère – analphabétisme – à la culture démocratique, de l’animal à l’Homme. La langue de Laroui peut paraître dure, mais elle est centrale.

Le nouveau dictionnaire de Laroui, comme indiqué plus haut, part des instincts, de ce nous avons en commun avec l’animal, comme introduction à la compréhension de la façon de passer de la tendance maternelle ou ‘maternaliste’ à la gestion du vécu commun, ce qui veut dire la démocratie.  L’auteur fait sa critique de la langue, ou des langues, de l’éducation et l’enseignement, comme maillon perdu dans la transition escomptée. Dans le même sens, il avait exprimé dans la même interview sus-mentionnée(2) son opinion sur le sujet : « L’éducation a chez nous un seul but, la fidélité ; elle continue ce qu’a commencé ou doit avoir commencé, la famille, la zaouïa, le clan, etc » comme si elle cherche à produire un modèle unique de l’individu, avec des caractéristiques bien déterminées, faisant fi aux nécessités de la société dans son développement ici et maintenant. C’est l’éducation salafiste, analphabétisante. Et le penseur d’ajouter : « Imaginons-nous maintenant un autre environnement politique, celui qui répond à mes souhaits, où les pouvoirs sont constitutionnellement délimités, où ceux qui les détiennent les remplissent de la manière la plus satisfaisante : dans ce cas, la plus grande partie de l’éducation civique se fera en dehors de l’école publique qui n’aura plus qu’une mission, former l’homme le plus utile (économiquement s’entend) à la société ».

Ainsi paraît-il l’opposition sur laquelle se base l’auteur. Entre l’analphabète qui(7) « demeure encore dans les bras de sa mère, parle son langage, se caractérise par ses caractéristiques, cherche à la satisfaire, vit dans sa protection et ne dépasse jamais l’horizon de sa vie à elle même quand il émigre loin d’elle » et l’Homme moderne(8), « dans un domaine nouveau, où il est nécessaire pour nous d’instaurer une éducation différente, voire opposée, à celle de la mère. C’est l’éducation de la cité. Cette éducation cristallise nécessairement des expériences autres que celles de la mère ». Il ne faut pas comprendre dans les propos de Laroui une description de tout individu séparément. C’est une opposition entre la société traditionnelle et l’Etat moderne. Laroui apporte ici un exemple, ses remarques lors d’une réunion où il a demandé à l’assistance, composée des ‘Chrif’ ( descendant du prophète ), du disciple, du professeur, du médecin, de l’ingénieur, … « si parmi l’assistance, celui qui connaît d’où vient sa subsistance, ce qui le fait manger dans le propre sens du terme ? ». Laroui ajoute que si tu demande à l’un d’entre eux, « il te répondra par quoi satisfaire ta cervelle et conscience. Il te réponds par sa langue, alors qu’au fond de lui même, … il écoute au langage de la mère … il lit la subsistance à l’organisation, le grade et la fonction, et non pas à la production  et ses outils ». On ne parle pas ici de libéralisme – socialisme – féodalisme … on discute du fait de savoir si l’individu est conscient  de son appartenance à la société, et sa relation avec son économie et ses échanges. La mère donne et ne comptabilise pas. La société comptabilise. C’est pour cela que le sevrage est nécessaire, le matricide symbolique. « l’élite politique se renouvelle théoriquement par l’élection. L’élection politique a une procédure et un but ( comptabilité, la récompense ou la punition ). Elle s’élève à un jugement. Alors que l’élite sociale est régie par la nature, par les instincts et par le biais de l’éducation de la mère. Elle est marquée de continuité »(10).

Vers une interprétation moderniste de la constitution « accordée » en opposition à sa dualité.

Dans une interview en 2005 avec le journal Le Matin(11), Laroui révèle : « Je rêve comme tout intellectuel moderniste d’un Maroc libre, harmonieux, éduqué, démocratique, accueillant, productif, etc. (Quelqu’un a dit que je parlais comme si je vivais en Suède). Comme je ne suis pas sûr que tout ceci puisse être atteint en deux ou trois générations, comme je me demande parfois si la majorité des Marocains le souhaitent vraiment, craignant de devoir en payer le prix en sacrifices, en efforts, en désarroi affectif, en déséquilibres sociaux, alors je me fais une raison. De quel droit irais-je perturber à la moindre occasion, la quiétude des gens au nom de ce qui me paraît, à moi, inéluctable ? » puis donne(12) du contenu dans le nouveau livre à ces propos : « Il n’existe de gouvernance sauf celle du public … On a vu que certains disaient : le public est mineur. Nous, l’élite intellectuelle, conscient et leader, l’administrions. Nous organiserons ses états, l’éduquerons, l’enseignerons, l’entretenons jusqu’à ce qu’il atteint sa maturité … c’était une tentative héroïque … mais elle a échoué et la voix de ses adeptes s’est tue … nous n’entendons plus que : le public est le public …nous ne le traitons pas par opprobre de minorité, nous ne le décrivons non plus de maturité … nous nous suffisons de le représenter avec son consentement ». Comme cela expose Laroui le concept de la représentativité et nie le principe de la tutelle. En même temps, il ne dit pas seulement de la nécessité « d’éduquer » le public, il expose le possible réalise de la réforme, c’est l’art de la politique.

A l’aube de l’indépendance, et même à travers la formation du mouvement de libération nationale, il y avait deux groupes : Celui qui veut l’indépendance pour que le Maroc soit meilleur que ce qu’a apporté le protectorat, et celui qui voulait le faire revenir à l’ère d’avant le protectorat. « Ainsi vint la constitution accordée en 1961, elle ne rétablit pas de ce qu’il y avait avant, ni ne fut une réalisation de ce dont rêvait les nationalistes. Elle était une description fidèle de l’état des lieux »(13).

Cette même dualité continue de régir la pensée de l’action politique marocaine qui ne dévie guère du fait d’insérer l’authenticité dans la modernité, comme slogan d’un non choix. « Cette dualité n’a jamais disparu … même s’il s’unifie dans la personne du roi ». Laroui critique vivement ce non choix en disant(2) : « Je rappelle que les deux concepts, tradition et modernité, ne coexistent que dans les discours, pas dans les faits … A moins qu’il ne s’agisse d’un dualisme d’un genre particulier: le corps est moderne et le cerveau traditionnel. Dans ce cas, il s’agit bien d’un regard (traditionnel) qu’on jette sur une réalité (moderne) ». « La constitution marocaine est identique à une réalité … elle porte deux lectures : légitimiste ( char’ya ) et démocratique »(14). Pour le penseur marocain, la réalité est telle. Le public est le même. L’art du possible c’est l’interprétation démocratique de la constitution accordée. C’est le début de réponse sur la question de Lénine « Que faire ? ». Et Laroui d’ajouter(15) : « Ce qui est demandé, dans le cadre de l’interprétation démocratique de la constitution royale, c’est bien une nouvelle posision de l’autorité locale, avec une vision futuriste … Nous disons que ce qui est dur à résoudre au niveau du centre, trouverait facilement sa voie au dénouement au niveau local … L’allégeance s’élève au contrat dépassant le fait de confier, et s’arrime avec la citoyenneté ». Il va(16) encore plus loi pour donner l’application réaliste : « Nous conserverons l’Etat de la minorité … le symbole de l’unité est par définition le roi. La deuxième chambre est son conseil consultatif et exécutif … les Wilayas ( régions ) y sont représentées d’une manière égalitaire à côté d’autres organismes de non profits …  elle est le conseil consultatif par excellence, replaçant les sous-conseils multiples … tous les autres conseils seraient annulés. Il n’y aura plus besoin d’un cabinet spécial ou d’un makhzen, … Avec son institution, on en finit avec la politique de l’ombre, qui est la politique du sultant. Le roi est arbitre. Coordinateur entre l’Etat-Nation et les différentes Wilayas, et il a besoin d’un organisme efficace. La deuxième chambre est cet organisme, constitutionnellement ». A part cela, « le roi est un citoyen. Il parle, conseil, travail, investit, gagne ou perd comme tous les autres citoyens. Il fait cela à travers des agents ou des adjoints, en plein jour, entouré de respect ». « L’interprétation démocratique consiste essentiellement à la libération de la politique, la sauver de tout ce qui n’est pas d’elle … la séparer de toute logique qui ne la convient pas »(17).

4 – Conclusions sommaires.

L’ouvrage de Laroui vient dans la forme et le contexte précédemment et l’on a tiré deux grandes conclusions : le besoin pressant de réaliser le sevrage et la rupture avec la culture de la mère, et œuvrer à interpréter démocratiquement ( le possible ) la constitution. Laroui a contribué à la rédaction du texte « l’option révolutionnaire »(18) de Mahdi Benbarka., qui parle des trois erreurs mortels dans la partie de l’auto-critique. 40 ans après, Laroui écrit sur « le Maroc de Hassan II » pour présenter, avec une vision du de l’historien, de l’acteur, du contemporain et de l’intellectuel, une critique de l’ère de Hassan II, des hommes de cette ère, y compris les farouches opposants. Ce qu’écrit Laroui aujourd’hui porte des extraits politiques du « diwan assyassa » ( à traduire à précis politique ) des arabes, et dessine les contours du possible de la nouvelle ère, où « l’analphabétisme est toujours prépondérante » et « la politique toujours en dégénérescence ».

L’ouvrage est destiné, comme sus-mentionné, à l’élite apte à l’action politique. Il lui parle et lui donne son avis sur le possible : Pousser à une interprétation démocratique de la constitution et œuvrer au sevrage culturel, la rupture avec la langue de la mère, avec le patrimoine, comme il l’a déjà explicité dans ces ouvrages. Il ne le dit pas clairement, mais on peut facilement le lire à travers ce nouveau livre : « nous avons les gouvernants que nous méritons ». Dans un précédent ouvrage, Laroui disait que Hassan II était notre victime comme nous l’étions pour lui. En ce moment, faisant un rappel à la remarques de forme sus-citée : le livre peut être lu à l’envers, de la réforme et la démocratie aux instincts et la culture de la mère. La décadence est plausible, avertit l’intellectuel et l’historien. La constitution, même amendée ou réformée, ne sortira plus jamais de la squelette de la « constitution accordée » ou prodiguée en 1961, donc ce qui est possible c’est la réformer et l’interpréter démocratiquement.

Est-il le testament de Laroui ? Est-il un conseil à l’Emir ? L’élite politique écoutera-t-elle l’intellectuel ? … ce sont généralement des questions proposées au débat et à l’histoire. On peut être d’accord ou pas avec ce qu’a écrit Laroui, certes, mais nous ne pouvons pas dire qu’il n’a pas parlé et est resté cet intellectuel invisible de la polémique politique difficile. J’espère que cet ouvrage prendra la place qui est la sienne dans le débat sociétal. Il contient des idées dignes de contemplation.

Mounir BENSALAH

Références :

(1) : Abdellah Laroui, « Mine Diwane Assyasa », centre culturel arabe, 2009, page 5 ( on l’appellera dans la suite des références « l’ouvrage » ).

(2) : Revue Economia, N°4, Octobre 2008, Centre CESEM, Maroc.

http://www.cesem.ma/pdfeconomia4/carte.pdf

(3) : l’ouvrage, pages 71,72.

(4) : l’ouvrage, page 134.

(5) : l’ouvrage, page 126.

(6) : l’ouvrage, page 65.

(7) : l’ouvrage, page 146.

(8) : l’ouvrage, page 147.

(9) : l’ouvrage, pages 40,41.

(10) : l’ouvrage, page 35.

(11) : Journal quotidien Le Matin du Sahara, 7 Mars 2005, éditions Maroc Soir, Maroc.

http://www.emarrakech.info/Abdallah-Laroui-c-est-au-citoyen-de-prendre-la-parole_a2753.html

(12) : l’ouvrage, page 94.

(13) : l’ouvrage, page 115.

(14) : l’ouvrage, pages 117, 118.

(15) : l’ouvrage, page 128, 132, 134, 135.

(16) : l’ouvrage, page 146.

(17) : l’ouvrage, page 153.

(18) : Mahdi Benbarka, option révolutionnaire, Mai 1962, rapport présenté au 2ème congrès national de l’Union Nationale des Forces Populaires UNFP.

http://www.almounadil-a.info/IMG/pdf/BenBarka_optionRevolutionnaire.pdf

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18 réponses

  1. Traduction arabe :

    هكذا تكلم عبد الله العروي عن السياسة
    مقاطع سياسية "من ديوان السياسة"

    كنا نتناقل خبر نشر الكتاب الجديد للعروي بتعجب و إعجاب. كان الصديق عبد الرحيم تفنوت أول من جاء بالخبر, و كأنه سبق. و تسابقنا من اجل قراءة الكتاب و فهمه. تحدثنا عن سياقه و أسباب نزوله. تحدث أصدقاء و صديقات كثر عن كيفية قراءة الكتاب. جاء تفنوت بضرورة نقد و تجاوز نظرية العروي العملاق, كما فعل ما ماركس مع هيجل, و تأمل آخرون في بساطة لغة المؤلف كما لاحظ البعض كيف يباغت العروي و يسائل السياسة بعدما فك ارتباطه بها. كتبت مقالات قليلة حول الموضوع. في الغلب جاءت الصحف بمقاطع للكتاب دون التعليق عليها.

    لست سوى قارئ معجب بأطروحة العروي. لست فيلسوفا و لا دارسا للتاريخ. أنا مهندس و متتبع للفعل السياسي, و أقرا العروي من هذا المنطلق. هذا سياق و أسباب نزول هذا المقال.

    قد يكون من الصعب أحيانا أن نتكلم عن كتاب للمفكر المغربي عبد الله العروي. بل انه من الصعب فعلا تأويل ما كتبه العروي في "ديوان السياسة", كتابه الأخير. ما يميز العروي هو قدرته على إعطائك النظرية و النظرية المضادة و تمثلاتهما في التاريخ حتى تتوه في ما يميل إليه الكاتب قبل أن يحسم في اختياره كالحسام. و لعل هذا الحسم النظري للعروي لا يضاهيه إلا خيبة أمل القارئ, الفاعل و المتتبع للسياسة, في عدم الحسم الفعلي للعروي بلغة البساطة من خلال اتخاذ موقف معين من الفعل, خصوصا السياسي منه. إلا أن العروي ينبه في مقدمة كتابه القارئ إلى هذا الأمر : "ما يعني الصحفي هو الجواب لا المرجعيات, الخلاصة لا المقدمات. و بدون مقدمات هل يفهم الجواب؟"(1).

    يتبادر للذهن بعد القراءة الأولية لكتاب العروي انه يحتاج إلى شفرة للتحليل جديدة نستطيع من خلالها, على الأقل سنجتهد, استقراء أجوبة العروي حول الواقع السياسي المغربي, و قد يكون لغيرنا شفرة قراءة مغايرة لا تحيل بالضرورة لنفس الملاحظات و الخلاصات.

    1 – ملاحظات في الشكل :

    يتأتى للقارئ عدة ملاحظات من ناحية شكل الكتاب. يتألف الكتاب من حوالي 150 صفحة, و يأتي في شكل معجم, إن صح التعبير, بسيط لمجموعة من المفاهيم. يأتي هذا بعد أن بسط العروي أطروحته الفكرية في "العرب و الفكر التاريخي, الإيديولوجيا العربية المعاصرة" ثم أحس انه لم يفهم بشكل مبسط فافرد في نشر كتب "المفاهيم" كصيغة لتبسيط رؤيته و نظريته. فهل الكتاب الجديد ناتج عن عدم فهم المفاهيم فاضطر الكاتب إلى تبسيط المبسط أم انه عندما قرر محاكاة السياسي, الفاعل و المتتبع, ارتأى أن يكون خطابه مبسطا اكثر؟

    ينقسم الكتاب حسب فهرسه إلى عدة أقسام أو أبواب تحتوي كل منها على مجموعة من "التفهيمات" ( لكي لا نخلطها مع المفاهيم التي سبق للكاتب أن كتب فيها ). فينطلق من قسم النوازع إلى قسمي الإصلاح و المجال السياسي مرورا, في أواسط الكتاب بأقسام التربية. إن هذا التطور الملخص في الأبواب هو كينونة فكرة الكتاب : الانتقال من "الإنسان المائل للحيوان" بنوازعه إلى الإنسان المتحضر الحديث الذي يعيش في الدولة الديموقراطية. فكرة الانتقال من التقاليد إلى الحداثة عبر التربية. انه من مكر الصدف انه يمكن قراءة الكتاب بطريقة أخرى, من النهاية إلى البداية, من الحداثة إلى التقليد, من الإصلاح إلى النوازع, من الإنسان المتحضر إلى "الإنسان الحيواني". مع أن الكاتب يقول بان الاتجاه العكسي ممكن, إن النكوص قادم, اختار العروي التفاؤل و كتب في الاتجاه الذي عليه الكتاب اليوم.

    2 – ملاحظات حول الزمن السياسي للكتاب :

    يخرج كتاب "من ديوان السياسة" كأول مؤلف للعروي يحاكي المجال السياسي في عهد الملك محمد السادس. فبعد كتاب "مغرب الحسن الثاني", حيث قال ما قاله عن فترة حكم الملك الراحل, يأتي هذا المؤلف الجديد تزامنا مع مرور 10 سنوات على "العهد الجديد", و الحديث مجددا عن "أفول الربيع الديموقراطي المغربي" و "انحسار الأفق الديموقراطي", و معاودة المطالبة بإلحاح بتعديل الدستور. سئل العروي سنة 2008, بمناسبة حوار له مع مجلة اكونوميا(2) ان كان "لا يزال يعتبر المغرب اكثر الدول العربية تهيؤا للحداثة؟" فأجاب العروي بلغته القاطعة المعهودة : "إني اليوم اقل إيمانا… لكني أتشبث بالأمل, فالتقاليد عندنا لم تعد صناعة نفسها". استعراضا للتاريخ يقول العروي (3) في المؤلف الجديد : "ورث محمد الخامس عرشا تحت وصاية أجنبية. لا تصرف له في أي من آليات الدولة … فأحيى مراسيم "البيعة" و ضمنها مفهوما جديدا. و هو ما سمي في كتابات الوطنيين بالعهد المقدس. تعهد بالعمل, مع غيره, على استعادة الاستقلال و سن الدستور … في حياة محمد الخامس تحقق الاستقلال و ظل الدستور مجرد وعد. جاء خلفه الحسن الثاني, فتصرف, لدوافع خارجية و داخلية, كما لو كان تعارض بين الأمرين. منح دستورا ثم ألغاه ثم عدله حتى لا يمس في شيء استئثاره بالمبادرة … نحن إذن, باستمرار بين خوف و أمل, بين مد و جزر, … الملك واحد. الملكية أنواع. الصورة واحدة و المضمون يختلف من عهد إلى عهد و من مجتمع إلى مجتمع".

    لمن يكتب العروي إصداره الأخير؟ أيكتب لنصيحة الحاكم كما فعل من قبل, أم يستهدف النخبة المحبطة و التائهة؟ هل هو مؤلف للجمهور لبساطته الظاهرة, أم انه موجه لمن يستطيعون الفعل في الشان السياسي؟ أينظر العروي لمرحلة جديدة لما بعد "الهامش الديموقراطي", أم هو يتكلم عن الأفق البعيد؟ أسئلة مهمة و غيرها كثير, فلنحاول استقراءها من خلال التدقيق في مضامين النص, و لكنه قبل هذا الإصدار, سبق للعروي أن أعطى(2) نهاية سنة 2008 بداية إجابات في الموضوع : "سأسمي اليوم تراجع المؤسسات بالمغرب تراجع الآمال المؤسساتية. لقد عبرت دائما عن أملى في أن تتجه البلاد, بالتأني و لكن بالتأكيد, نحو ملكية حقا دستورية و برلمانية, حيث الملك يسود و يرشد و ينصح و يؤثر و لكنه لا يتدخل في القضايا اليومية, و لا حتى عبر العمل الخيري. هذا الأخير يوحي بأنه يملك كنزا لا يفنى … يجب أن يتوفر على كل الوسائل ليكون و يبقى ملك المغرب و المغاربة. هذا أملى و هو لا يزن كثيرا". لكنه يستدرك نفس المقولة, و لا ينفيها, بالقول(4) : "في ظل الأمية, السياسة طاغية و منحطة. في ظل النظام الديموقراطي, مجالها ضيق و قيمتها عالية", فيما يشبه الرد على الطبقة – النخبة السياسة قاطبة التي أكثرت من "الكلام" عن السياسة و عن الإصلاحات و … و لم تعمل إلا القليل نحو الهدف الذي يأمله العروي, و نترجاه جميعا في الصف الحداثي. اعتقد حقا أن "ديوان السياسة" يتوجه إلى النخبة, سياسية و فكرية, من كل أطيافها : المربع الضيق للحكم, "نصحاء الملك", "معارضة", …

    3 – قراءة للمضامين :

    في الحاجة إلى ثورة ثقافية تقتضي قتل الأم هذه المرة.

    "لا ديموقراطية مع الأمية … في مستوى الدولة الوطنية. كل مقومات هذه الدولة تناقض الأمية أي ثقافة الأم" يقول(5) الكاتب, "فعندها تبدأ السياسة كنظرية و تتميز عن السياسة كتدبير عفوي. تتباعد الإنسانية عن الحيوانية"(6). لتحقيق "الفطام" المرجو يستحضر دور التعليم و التربية و التهذيب. أدوارها هي المرور بالإنسان من ثقافة الأم – الأمية – إلى ثقافة الديموقراطية, من الحيوان إلى الإنسان. قد تبدو لغة العروي قاسية, و لكنها في الصميم.

    كما أشرنا إليه سابقا, معجم العروي الجديد ينطلق من النوازع, أو الغرائز أو ما نشترك فيه مع الحيوان, كمقدمة لفهم كيفية الانتقال من النزعة الأمية أو الأمومية إلى تدبير العيش المشترك أي إلى الديموقراطية. فيقوم الكاتب بنقد اللغة, أو اللغات, و التربية و التعليم, كحلقة مفقودة داخل الانتقال المنشود. في هذا الصدد, و في نفس الحوار مع مجلة اكونوميا(2), يفصح العروي عن رأيه في الموضوع كما يلي : "للتربية عندنا هدف واحد, الوفاء. تحقق استمرارية ما بدأته الأسرة و الزاوية الفريق … " كما لو كانت التربية تبحث عن صنع نموذج موحد للفرد بمواصفات دقيقة و بغض النظر عن احتياجات المجتمع في تطوره هنا و الآن. إنها التربية السلفية, الأمية. و يضيف صاحبنا "فلنتخيل الآن مناخا سياسيا مغايرا, كما يحقق لرجائي, حيث السلط محددة دستوريا, و حيث يقوم بها أصحابها بالطريقة الأكثر إقناعا : في هذه الحالة, سيمر الجزء الأكبر من التربية على المواطنة خارج المدرسة العمومية. مهمة هذه الأخيرة ستكون واحدة : تكوين الإنسان الأصلح ( من الناحية الاقتصادية ) للمجتمع".

    من هنا يظهر التقابل الذي يرتكز عليه المفكر. ما بين الأمي الذي "هو من لا يزال في حضن أمه. يتكلم بلهجتها، يتصف بصفاتها، يتوخى أغراضها، يعمل على إرضائها، يعيش في حماها ولا يتعدى أفق حياتها حتى عندما يهاجر بعيدا عنها"(7) و ما بين الإنسان الحديث, "في مجال جديد. لابد لنا فيه من تربية مخالفة بل مناقضة لتربية الأم، هي تربية المدينة. وهذه التربية تتمثل بالضرورة تجارب غير تجارب الأم"(8). لا يجب فهم كلام العروي في وصف كل فرد على حدة. انه تقابل بين المجتمع التقليدي و الدولة الديموقراطية. ها هنا يسوق(9) العروي ملاحظاته في اجتماع ما, تساءل في الحضور, و منهم الشريف و المريد والأستاذ و الطبيب و المهندس, هل "من بين هؤلاء يعلم من أين يأتي رزقه, من يطعمه بالمعنى الحرفي للكلمة؟" فيقول انه إذا سالت أحدهم "أجابك بما يرضي عقلك و شعورك. أجابك بلسانه, أما في قرارة قلبه, … ينصت للغة الأم … يربط الرزق بالهيأة و المرتبة و الوظيف, لا بالإنتاج و وسائله". لسنا هنا في نقاش الليبرالية – الاشتراكية – الفيودالية … إننا بصدد معرفة ما إذا كان الفرد يعي بانتمائه للمجتمع, و علاقتها باقتصاده و معاملاته. الأم تعطي و لا تحاسب. المجتمع يحاسب. لهذا وجب الفطام, القتل الرمزي للام. "النخبة السياسية تتجدد نظريا بالانتخاب. و للانتخاب السياسي مسطرة و هدف ( المحاسبة, المكافأة أو المعاقبة ). فهو بمثابة حكم, أما النخبة الاجتماعية فتتحكم فيها الطبيعة, عبر النوازع و بوسيلة التربية الأولية. الغالب عليها الاستمرار"(10).

    نحو تأويل حداثي للدستور الممنوح في مقابل ازدواجيته.

    يقول العروي في حوار مع جريدة لوماتان(11) في 2005 :"احلم كأي مثقف حداثي بمغرب حر, منسجم, مهذب, معطاء, خلاق … ( أحدهم يقول أنني أتكلم كما لو كنت أعيش في السويد ). كما أنني غير متأكد انه يمكن الوصول إلى هذا المغرب في جيلين أو ثلاثة. في نفس الوقت, أتساءل في بعض الأحيان يرغبون في ذلك, خوفا من تأدية الثمن". ثم يأتي(12) في المؤلف الجديد لإعطاء مضمون لهذا التصريح : "لا حكم إلا حكم الجمهور … رأينا أن البعض قال : الجمهور قاصر. نتولى أمره نحن النخبة المثقفة الواعية الرائدة. نرتب أوضاعه, نهذبه, نعلمه, نربيه إلى أن يبلغ رشده … كانت محاولة بطولية … لكنها فشلت و خفت صوت دعاتها … لم يعد يسمع إلا قول القائل : الجمهور هو الجمهور … لا نرميه بالقصور و لا ننعته بالرشد … نكتفي بتمثيله برضاه". هكذا يستنبط العروي مفهوم التمثيلية و ينفي مبدأ الوصاية, و لكنه لا يقول فقط بضرورة "تربية" الجمهور فقط بل يطرح ما الممكن الواقعي للإصلاح, أي فن السياسة.
    عند الاستقلال و حتى خلال تشكيل حركة التحرير الوطني, كان هناك فريقين : من يريد الاستقلال ليكون المغرب احسن مما أتت به الحماية و من يريد إرجاع المغرب إلى ما قبل الحماية. "فجاء الدستور الممنوح سنة 1961, لا هو إحياء لما كان و لا هو تحقيق لما حلم به الوطنيون, بل كان وصفا وفيا للوضع القائم"(13). إنها الثنائية التي تحكم ذهنية الفعل السياسي المغربي, التي لا تحيد عن دمج الأصالة في المعصرة كشعار عن اللا اختيار. "لم تنتف الثنائية … و إن توحدت في شخص الملك". ينتقد العروي هذا اللا اختيار و هذه الثنائية قائلا(2) : "اذكر أن هذين المفهومين, الأصالة و المعاصرة, لا يتواجدان معا إلا في الخطابات, لا في الوقائع … إلا إذا كان الأمر يتعلق بثنائية من نوع خاص : الجسم معاصر و العقل تقليدي. بهذا المعنى, تلقى نظرة تقليدية على حقيقة معاصرة". "الدستور الملكي المغربي مطابق لواقع … يحتمل قراءتين : شرعية و ديموقراطية"(14).
    يستنبط الكاتب ها هنا أن الواقع هو كذلك, و أن الجمهور هو الجمهور. فن الممكن هو التأويل الديموقراطي للدستور الممنوح. انه بداية الجواب عن السؤال اللينيني "ما العمل؟". و يسترسل(15) المفكر "المطلوب في إطار التأويل الديموقراطي للدستور الملكي هو موقف جديد من السلطة المحلية, بمنظور مستقبلي … نقول أن ما استعصى على الحل على مستوى المركز قد يجد طريقه إلى الحل بسهولة على مستوى المحلي … تتعالى المبايعة عن الائتمان و تتماهى مع المواطنة". بل يذهب العروي ابعد من هذا لاعطاء التطبيق الواقعي(16) : "نحافظ على دولة القلة … رمز الوحدة هو بالتعريف الملك. الغرفة الثانية هي مجلسه الاستشاري و التنفيذي … تمثل فيه الولايات بالتساوي إلى جانب هيئات غير مصلحية … هي المجلس الاستشاري بامتياز يحل محل كل المجالس الفرعية المتكاثرة … كل ما سواه يلغى حكما. لم يعد مبرر لديوان خاص أو دار المخزن, الخ. بتأسيسه تنتهي سياسة الظل التي هي سياسة السلطان. الملك حكم. منسق بين الدولة الوطنية و الولايات المختلفة, فلا بد من جهاز فعال. الغرفة الثانية هي ذلك الجهاز, دستوريا". فيما عدا ذلك (16) " الملك مواطن. يتكلم, ينصح, يعمل, يستثمر, فيربح أو يخسر كباقي المواطنين. يفعل ذلك عبر وكلاء و مساعدين, في واضحة النهار, محاطا بكل احترام و توقير". " التأويل الديموقراطي هو بالأساس تحرير السياسة, إنقاذها من كل ما هو ليس منها … فصلها عن كل منطق لا يناسبها"(17).

    4 – خلاصات ما بعد ديوان السياسة :

    يأتي المؤلف الجديد للعروي في الشكل و السياق السالفين أعلاه. كما يستنبط من خلال النص فكرتين أساسيتين : الحاجة إلى الفطام و القطيعة مع ثقافة الأم, و العمل على التأويل الديموقراطي ( الممكن ) للدستور. ساهم العروي بشكل فعال في صياغة وثيقة(18) الاختيار الثوري المحسوبة على المهدي بن بركة. تتحدث الوثيقة عن الأخطاء الثلاثة القاتلة في شق النقد الذاتي. بعد ذلك ب 40 سنة, يكتب العروي عن "مغرب الحسن الثاني" ليقدم, بمنظور المؤرخ و الفاعل و المعاصر و المفكر, نقدا لعهد الملك الراحل و لرجالاته, بمن فيهم اشد معارضيه. ما يقوم به العروي اليوم, في كتاب يحمل مقاطع سياسية تحيل إلى ديوان السياسة عند العرب, هو رسمه لمعالم الممكن في العهد الجديد حيث لا توال "الأمية طاغية" و "السياسة منحطة".

    كما أشرت إليه سابقا, يتوجه الكتاب إلى النخبة القادرة على الفعل السياسي. يحاكيها العروي و يعطي رأيه في ما الممكن أن تقوم به : الدفع نحو التأويل الديموقراطي للدستور ثم العمل على إحداث الفطام الثقافي مع لغة الأم, مع الثراث كما اسلف و طرحه في "مفهوم العقل". لم يقلها صراحة و لكنها تقرا من خلال المؤلف الجديد : "لدينا الحكام الذي نستحق". في مؤلف سابق صرح العروي بان الحسن الثاني كان ضحيتنا كما كنا ضحاياه. فلنتذكر الملاحظة الشكلية المسوقة أعلاه : يمكن ان نقرا الكتاب من الإصلاح و الديموقراطية إلى النوازع و ثقافة الأم. النكوص وارد, يحذرنا المفكر و المؤرخ. الدستور و ان عدل فلن يخرج عن هيكل "الدستور الممنوح" سنة 1961. لهذا, فالممكن تعديله و تاويله ديمزقراطيا.

    هل هي وصية للعروي؟ هل هي نصح للأمير؟ هل تستمع النخبة السياسية للمفكر؟ … هي على العموم أسئلة تبقى مطروحة للنقاش و للتاريخ. لكن, قد نتفق مع ما كتب العروي أو نختلف معه, لكننا لا نستطيع أن نقول انه لم يتكلم و ظل ذلك المثقف المتخفي عن السجال السياسي الصعب. ارجوا أن يأخذ كتاب "من ديوان السياسة" حقه الكامل في النقاش المجتمعي. ففيه أفكار تستحق التأمل.

    منير بن صالح

    هوامش :

    (1) : عبد الله العروي. من ديوان السياسة, المركز الثقافي العربي, 2009, الصفحة 5 ( نسميه في باقي الهوامش الكتاب ).
    (2) : مجلة اكونوميا, العدد الرابع, اكتوبر 2008, عن مركز سيزيم, المغرب.
    http://www.cesem.ma/pdfeconomia4/carte.pdf
    (3) : الكتاب, الصفحة 71, 72.
    (4) : الكتاب, الصفحة 134.
    (5) : الكتاب, الصفحة 126.
    (6) : الكتاب, الصفحة 65.
    (7) : الكتاب, الصفحة 146.
    (8) : الكتاب, الصفحة 147.
    (9) : الكتاب, الصفحة 40, 41.
    (10) : الكتاب, الصفحة 35.
    (11) : يومية لوماتان, 7 مارس 2005, منشورات لوسوار, المغرب.
    http://www.emarrakech.info/Abdallah-Laroui-c-est-au-citoyen-de-prendre-la-parole_a2753.html
    (12) : الكتاب, الصفحة 94.
    (13) : الكتاب, الصفحة 115.
    (14) : الكتاب, الصفحة 117, 118.
    (15) : الكتاب, الصفحة 128, 132 , 134 , 135.
    (16) : الكتاب, الصفحة 146.
    (17) : الكتاب, الصفحة 153.
    (18) : المهدي بن بركة, وثيقة الاختيار الثوري, يونيو 1962, تقرير مقدم للمؤتمر الوطني الثاني لحزب الاتحاد الوطني للقوات الشعبية.
    http://www.almounadil-a.info/IMG/pdf/BenBarka_optionRevolutionnaire.pdf

  2. Bravo et merci pour ce double effort qui dépasse le résume du bouquin "mine diwan siyassa" vu que tu le replaces dans l’historique des publications/écrits précédents de Laroui. Double effort puisques tu livres dans les 2 langues.
    J’ai fait une première lecture de cet ouvrage excellentissime qui est empreint de contemplation. Je suis en train d’effectuer la deuxième lecture. Je pourrai dire que j’en ferai une troisième voire plus. Les écrits de Laroui l’exigent et le valent.
    Effectivement, Laroui présente deux visions de l’être humain 1- celui qui est gouverne par ses instincts auquel la vision de Montesquieu et Machiavel correspond 2- celui qui se maitrise en s’elevant au niveau de son humanité (vision de JJ Rousseau & Spinoza).
    Chacune de ces 2 visions a un rapport a la politique différent. Pour ainsi dire elles sont diamétralement opposées.
    Pour moi, le fil conducteur de ce bouquin sont ces deux visions.
    Ou est ce que nous nous situons et surtout a laquelle des 2 visions nous aspirons ?

  3. Je suis en train de lire l’ouvrage… J’ai pas envie qu’on me gâche ma lecture… Je reviendrai donc à ce billet dans qlqs jours :-)

  4. Pour te féliciter, je partage amplement l’opinion d’ "Une Marocaine" et j’apprécie ton travail à sa juste valeur et comme il se doit , d’autant plus que j’étais à l’origine d’une telle corvée surhumaine pour un jeune Ingénieur : Lire et relire l’oeuvre de Laroui et re-situer son dernier livre avant d’en faire une présentation-critique
    Laroui est un intellecuel à part dans l’espace de la pensée marocaine contemporaine
    A première vue l’homme suscite de la fascination, de l’admiration et aussi de l’estime et du respect mais toujours avec un arrière gôût de répulsion
    Laroui a choisi , volontairement, pour discipline l’historiographie
    Il n’est ni Historien, ni Philosophe et encore moins un Libre-Penseur
    Laroui n’a jamais eu accès aux textes latins et n’a jamais pu maîtriser la philologie requise pour une lecture-critique de l’herméneutique
    Il avoue lui-même ses insuffisances pour la pénétration de l’âme et l’esprit de la philosophie allemande
    Mes occupations et pré-occupations me poussent à consacrer une dizaine, voire une vigntaine de commentaires à Laroui
    D’abord, à travers la lecture de la contribution de Mounir
    Ensuite en s’appuyant sur l’oeuvre de Laroui
    Et, enfin, après la lecture du dernier "livre" de Laroui dont j’attends avec impatience la livraison
    Enfin, j’avoue que j’ai un "compte à régler" avec Laroui concernant son appréciation de l’apport des Imazighen-s au savoir marocain et aussi sa participation au cours de ces dernières années à travers les "cahiers bleus" de la "Fondation A. Bouabid"
    Cahiers qui demeurent, somme toute, clandestins et qui n’ont suscités jusqu’à ce jour aucun intérêt notable comme la pensée Larouienne, en somme. Rémy Leveau a réussin contre toute attente, à trouver sa place à côté de Monsieur Abdellah Hammoudi et de son SAR Hicham Ben Abdellah Alaoui (Cousin du Roi et 2ème ou 4ème dans l’ordre de succession, l’inceritude dans l’ordre est volontaire de ma part) lors du colloque sur les "Monarchies arabes. Transitions et dérives dynastiques"
    En somme, ce commentaire : … n’est qu’une entrée en la matière

  5. @une marocaine : "Ou est ce que nous nous situons et surtout a laquelle des 2 visions nous aspirons ?" c’est la bonne question à se poser. Des réponses?

    @Souhail : Bonne lecture.

    @Ali Aijjou : j’attends les 19 autres commentaires pour réagir :)

  6. @ Mounir : Je suis certain que tu n’attenderas pas longtemps
    Laroui est, à ce jour, un homme à part dans le paysage intellectuel marocain, c’est vrai. Mais, il n’est pas aussi hors de portée. Son véritable point faible, c’est sa soumission à l’idée thème "modernité/tradition".
    Cette dualité de la pensée coloniale (héritée des lumières quant à l’islam) est tenace et pourtant elle contient en elle-même toute ses faiblesses
    Laroui est un produit de la pensée coloniale et post-coloniale, enrobée de la dialectique allemande mal assimilée, en somme
    Ibn Kafka , avec sa minutie légendaire, a consacré un billet à la pensée larouienne et en relève toutes les faiblesses qui demeurent à creuser un peu plus
    Mieux, Laroui, lui-même, livre des pensées dans les "cahiers bleus" de la fondation de A. Bouabid qui trahissent des ambitions et plus et aussi des retournements. Le simple fait que Laroui a besoin d’écrire en arabe traduit est porteur de tant de significations qui remettent en cause "la crise des intellectuels arabes" et aussi une insuffisance de travail sur les sources ayant servit à la rédaction " Des origines sociales et culturelles du nationalisme marocain"
    Laroui, en dépit d’un maniement de la pensée marxiste n’a jamais assimilé les structures de la pensée hegelienne en dépit de son admiration pour le philosophe. Pourtant "La Pléiade" offre une bonne relecture de l’allemand
    Laroui a un problème, ses écrits sont toujours hors contexte
    Dans ta présentation crique tu cites la réf. 16 c’est ici que se siute, entre autres, les faiblesses de Laroui. la réf. 15 en dit encore plus …

    (à suivre)

  7. Bel effort! Merci.

  8. "Après « Le Maroc de Hassan II », où Laroui a dit ce qu’il avait à dire sur la période du règne de défunt roi""

    C’est "Le Maroc et Hassan II" qui fut choisi comme titre en définitif. Sa façon de justifier les choix et les méfaits géoliers de Hassan II dans ce livre reste déconcertante pour ne pas dire incomprise. Le comble fut la critique et le dénigrement de Ben Barka en le traitant de reveur (sic). On ne s’attendait pas moins de sa part, lui qui fut conseiller du Roi pour le sahara occidental…

  9. @ Mounir,
    Des réponses ? Un ami m’avait dit un jour "il y a des personnes qui sont payées gracieusement pour ça qu’elles le fassent"!!! :) )))) Bon perso j’irai pas jusqu’au la. La réponse a la première question est évidente : nous sommes dans la première vision. La réponse a la seconde question doit être collective. Ca doit être notre projet de société.

  10. laroui a aussi parle du probleme de la langue au maroc d’aujourd’hui…
    un probleme qui s’impose dans le debat politique actuel…. mais il s’avere que les francophones aux commandes du pays font la sourde oreille… et laroui depuis des decennies ne cesse de nous inciter a prendre position et reformer la langue arabe pour une revolution culturelle ….

    l’elite veut rester aux commandes elle seule… et ne veut plus entamer une telle revolution…

    laroui restera un intellectuel important… la gauche desire s’en passer…pkoi? parceque la gauche marocaine "rêvait" autrefois…et laroui a essaye de localiser les faiblesses mortelles d’une gauche aveugle et qui s’aveugle de nos jours encore… la gauche fait la sourde oreille encore aux critiques…

    laroui maitrise le francais et l’arabe … et a ecris de beaux textes dans les 2 langues… mais certains lisent seulement ses livres en francais…. parce qu’ils ne connaissent pas qu’il a ecris en arabe…

    c’est la crise du maroc champ culturel partage entre 2 elites et 2 langues

    laroui reste un monument … un homme honnete .. calme et froid … ce qui irrite certains.. un vrai homme spirituel et cultive et modeste …il savai que le maroc avait besoin d’ujn homme comme hassan 2 et non pas d’un benbarka… sinon nous aurions vecu sous une dictature aveugle…

  11. @driss : je veux bien que Laroui me confirme ta conclusion surtout :)

  12. [...] excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons [...]

  13. [...] excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons [...]

  14. [...] des droits humains. Il est aussi clair que tant que la politique est en décadence ( dixit Laroui dans son dernier ouvrage ), il ne faut pas espérer que les activistes des droits humains pourraient changer quelque chose. [...]

  15. [...] au niveau du centre, trouverait facilement sa voie au dénouement au niveau local » disait Laoui(4) dans son dernier [...]

  16. [...] year ago, I read Mounir Bensalah’s fascinating account of Moroccan philosopher Abdellah Laroui, ‘من ديوان [...]

  17. [...] populaire, libre et transparent au cours de l’année actuelle. Une constitution instituant une monarchie parlementaire, où le Roi règne et les institutions gouvernent, qui garantit la séparation de pouvoirs, un [...]

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