Aux grands Hommes … la patrie doit être reconnaissante !

Mardi 19 Janvier, feu Abdellah Ouelladi nous a quitté. Le défunt est une perte pour le Maroc et pour tout le mouvement des droits humains. Militant de longue date, ancien membre du bureau exécutif de l’UNEM, militant de l’USFP, membre fondateur puis président de l’OMDH, Si Abdellah Ouelladi était avocat au barreau de Casablanca. « Il s’agit, bien sur, de lutter contre la mort. D’opposer à la mortalité individuelle cette forme d’immortalité collective qui est celle de la continuité du groupe, .. mais aussi de la nation » ( Jean Daniel, Noubel Obs. H.S. Juin 98 ), c’est ainsi que l’OMDH et la famille du défunt organisent une rencontre commémorative le Vendredi 12 Mars 2010 à la maison de l’avocat à Casablanca et invitent tous ceux et celles qui ont côtoyé « Si Abdellah » à témoigner.
Abdellah Ouelladi a été de tous les combats. De la défense de la préservation des droits et de la dignité humains, le combat de l’égalité, au combat politique pour l’établissement de l’Etat de droit en passant par les grandes questions internationales : Palestine, Irak, Afrique du sud, … le défunt militant n’a jamais ménagé ses efforts pour les bonnes causes et a côtoyé de grandes figures du militantisme mondial pour la liberté et les droits humains : Yasser Arafat, Nelson Mandela, Abderrahmane Youssoufi, Kofi Anan, …
Ce défenseur des droits humains croyait sincèrement à l’universalité des valeurs du droit international. Militant de gauche, il s’est opposé à la compagne sécuritaire qui a suivi le 16 Mai 2003 contre les islamistes soupçonnés, car il pense que « Le principe de présomption d’innocence est sacré. Il sert aussi bien le prévenu que le citoyen qui peut, du jour au lendemain, se retrouver à la place, peu enviable, d’accusé. Je pense que nous ne pouvons pas combattre la haine par la haine. Si nous condamnons au préalable dans nos têtes, le procès devient simple formalisme ». Pour lui, l’OMDH est « une association humanitaire aux standards internationaux, en même temps indépendante des partis politiques et des pouvoirs publics. L’idée était d’être au service des droits de l’homme tels qu’universellement reconnus ». Convaincu de l’essence de la justice transitionnelle, il a soutenu l’IER tout en se démarquant et critiquant. Il avait d’ailleurs demandé à son installation d’associer le concept de « vérité » aux deux concepts portés : Equité et réconciliation. Par ailleurs, il était convaincu que c’était le bon chemin à suivre. Sans équivoque, il avait déclaré à l’ouverture du dernier congrès de l’Organisation : « Même si nous voudrions le [le procès des responsables des violations graves des droits de l’homme du passé] faire, notre justice n’est pas qualifiée pour l’instant et notre code pénal doit subir un certain nombre de changements pour rendre justement cette lutte contre l’impunité opérationnelle ».
Feu Abdellah avait des qualités intrinsèques d’écoute, de sincérité, d’ascèse, … Ce sont ces mêmes qualités qui ont fait de lui un grand leader et un grand homme, à qui la patrie doit être reconnaissante. Mehdi Benbarka, cher au défunt et sujet de son travail de quête de vérité, disait de cette catégorie d’hommes ( Nos responsabilités. 19 Mai 1957 ) : « Il y a des qualités qui ne peuvent être acquises et qui sont pourtant indispensables au cadre. Elles se rattachent à la disponibilité intellectuelle et au penchant naturel qui font qu’un homme ou une femme est apte à l’encadrement. Il s’agit de la fidélité et de l’abnégation au service de l’intérêt de la patrie mis au dessus de l’intérêt personnel ».




[...] A une certaine époque, aux universités marocaines, comme au milieu de la gauche, si on a pas lu ces deux géants philosophes ( Jabri et Laroui ), on est pas pris au sérieux. Personnellement, j’optais pour Laroui, ça se voit au moins dans mes écrits. Que l’on soit Jabri Ou Laroui, Jabri est une grosse pointure de la pensée marocaine, arabe, musulmane, mondiale, contemporaine. Qu’il repose en paix. Sa mort est le début de la fin des grands hommes. [...]