«Pour la construction du Maroc de la citoyenneté ». C’est sous cette devise que les Usfpéistes se lancent dans la bataille électorale des législatives du 25 novembre. « Nous y allons armés d’une farouche volonté. Nous y allons avec confiance en soi et foi dans l’avenir », prévient Abdelouahed Radi. Ce jeudi 10 novembre au siège r’bati de l’Union socialiste des forces populaires, le Premier secrétaire de l’USFP l’affirme haut et fort : le programme électoral de sa famille politique est d’abord et avant tout axé sur l’application saine et démocratique de la nouvelle Constitution. Pas moins de 20 lois organiques doivent être adoptées par le prochain Parlement. Du contenu de ces lois dépend l’avenir démocratique de ce pays, dira en substance celui qui préside aux destinées de la Chambre actuelle des représentants.
Mettre en œuvre les dispositions de la Constitution mais aussi et surtout procéder à la moralisation de la vie politique et à celle des élections. La non utilisation de l’argent ainsi que la neutralité positive de l’Administration sont plus que jamais des revendications ittihadies. « La légitimité des institutions vient de la crédibilité et de la transparence des élections », rappelle A. Radi. Ces dernières semaines, l’USFP a milité pour la réforme électorale. « Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions en ce qui concerne par exemple le renforcement de la liste nationale, l’élévation du seuil national ou encore le découpage électoral. L’USFP n’est pas seul sur le terrain. Alors, nous nous sommes inscrits dans le consensus, mais avec des réserves ». Le Maroc a mal à sa pratique politique. L’USFP en a pris acte et fait le pari de l’amélioration de la vie politique en présentant de nouveaux profils aux élections (voir encadré). « C’est avec ce nouveau groupe, cette nouvelle élite sous la Coupole que nous pourrons rendre concrètes et faire incarner sur le terrain les dispositions de la Loi suprême », martèle le chef de fil des socialistes marocains.
Ses auteurs sont prompts à l’affirmer : le programme électoral du parti de la Rose n’est ni ponctuel ni électoraliste. Il s’inscrit dans le droit fil des recommandations du 8ème congrès des Usfpéistes sur fond d’un dénominateur commun, celui de donner du sens à une Constitution qui n’existe pour l’heure que sur du papier. « Un programme d’un parti de gauche, un parti démocratique et qui incarne une vision claire de la société et du Maroc de demain, un programme où la citoyenneté pleine et entière est au cœur du processus démocratique », fait valoir Habib El Malki.
Scolarité obligatoire jusqu’au bac et impôt de solidarité
Chez les Usfpéistes, la citoyenneté est résolument multidimensionnelle. Elle est politique, économique, sociale et culturelle et se décline en autant de volets et, surtout, en 180 mesures concrètes. Et cela commence dès l’après 25 novembre. Le gouvernement issu des urnes, soutient H. El Malki, doit être politique par excellence. « L’Exécutif doit être politique pour être homogène, fort et allier sens politique et compétence », fait valoir celui qui brigue un nouveau mandat à Bejaad. Et dans le cadre de cette citoyenneté politique, l’USFP propose un code de bonne conduite parlementaire pour contribuer à l’amélioration de l’image du député. La citoyenneté économique est au cœur des propositions des Usfpéistes qui en appellent à l’adoption d’une nouvelle stratégie économique globale en rupture avec les politiques sectorielles. « Seul moyen de booster la compétitivité de l’économie marocaine », déclarent les initiateurs du programme électoral. L’industrialisation du pays fait ici figure de priorité ainsi que le taux de croissance fixé entre 7 et 8% au lieu de 4,2% actuellement. L’emploi et la mise à niveau du secteur privé font également l’objet de mesures concrètes tels que l’auto-emploi, l’emploi social ou encore le contrat programme Etat/secteur privé.
Pas de dignité sans citoyenneté sociale. C’est la conviction profonde des Usfpéistes dont le programme accorde une place importante à l’enseignement, la santé, le logement et la protection sociale. Un nouveau pacte entre l’école et la société est proposé aux électeurs. Les Usfpéistes proposent d’augmenter la durée de la scolarité obligatoire de 5 à 7 ans. La scolarité jusqu’au baccalauréat deviendrait alors obligatoire, « une condition pour la mise à niveau du citoyen et de l’économie », et la formation professionnelle deviendrait une véritable filière.
Des ambitions sociales pour l’Union socialiste des forces populaires qui compte élargir l’AMO, instaurer des indemnités contre la perte d’emploi, améliorer les retraites… Dans cette perspective éminemment sociale, un impôt de solidarité, « au nom de la stabilité sociale », est au programme ainsi qu’une réforme de la fiscalité « dans le sens de la justice sociale et de la compétitivité ». Autre réforme sociale à l’ordre du jour pour les Ittihadis en campagne dans quelques jours, celle de la Caisse de compensation. « Une réforme courageuse qui doit se faire pour, tout à la fois, mieux cibler les véritables bénéficiaires et alléger l’impact sur le budget », fait valoir Habib El Malki.
Enfin, la citoyenneté culturelle qui est loin d’être le parent pauvre du programme de l’USFP. En plus d’une Charte nationale de la culture, ceux et celles de l’Union socialiste des forces populaires proposent des mesures s’inscrivant dans le droit fil de la liberté d’expression, garantie en principe par la nouvelle Constitution. Une loi consacrant le droit à l’accès à l’information, un texte encadrant les médias publics pour qu’ils jouent leur rôle de service public ainsi qu’une réforme du Code de la presse garantissant la liberté d’expression et supprimant les peines privatives de liberté pour les journalistes sont quelques-unes des propositions des Usfpéistes.
Télécharger le programme en arabe ici





















Grima, rentes, … ou simples faits divers ?
2 04 2010Il y a une semaine ou dix jours, j’étais en déplacement professionnel à Tanger. Etant arrivé une heure avant mon RDV, j’ai profité de ce moment pour prendre un pot dans un café au milieu du quartier administratif de la ville. Attablé avec un camarade du parti, je contemplais les constructions anciennes de Tanger, visionnais mes souvenirs et remarquant, non sans profonde déception, la « bédouinisation » de la ville : Constructions moches, fermetures de salles d’expositions et de cultures, « hijabisation » à l’afghane, … et surtout le changement monumental des valeurs : l’argent est maître absolu de la ville. Mon compagnon partageait parfaitement mon diagnostic et me soufflait l’incapacité de la « gauche de la ville » à proposer des issues, comme si elle aurait pu le faire ailleurs
Soudainement ( 3ataja pour les initiés ), un jeune homme, la quarantaine, se penche sur notre table et nous demande de lui remplir un formulaire. Il ne sait pas écrire le français. Au moment de lui rendre le service, on comprendra que le gaillard est un peu gêné, impatient, mais heureux. A son départ, mon camarade m’apprend qu’ils sont plus d’une quarantaine, de Tanger, Tetouan, Larache, Chaouen, à squatter les administrations pour constituer des dossiers de « grima » ( Autorisation de transport ). D’après lui, ils étaient en attente la venue du roi dans leurs villes et cherchaient ses visites non officielles. Une fois le roi arrêté dans un feu ou un stop, ils se penchent vers lui et lui remettent une copie de leur CIN ( qu’ils ont déjà préparé ) et attestent de leur pauvreté ( comment ? ). Une semaine environ après chaque incident, la wilaya les convoque pour qu’ils constituent leur dossier et recevoir le fameux sésame « grima ». Cela devient une profession pour certains. On ne finit jamais avec les rentes !
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Tags : comment demander une grime au roi?, grima, maroc, mohamed 6, rente, tanger
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