Cet article exprime une opinion personnelle et n’engage que son auteur.
Après l’adoption de la nouvelle constitution, la grande question que se posent les citoyens et les analystes est : « Auront nous au Maroc une élite politique à la hauteur de cette nouvelle constitution ? »
Certes le souverain a mis le doigt sur la nécessité de disposer d’une élite politique nouvelle.
Extrait du discours du trône du 3O juin 2011 : “ Ainsi, et dans la mesure où c’est une Constitution avancée, relevant d’une nouvelle génération de Constitutions, elle requiert aussi une nouvelle génération d’élites qualifiées, imprégnées de culture et d’éthique politiques nouvelles. Ces élites se doivent de faire preuve de patriotisme, de citoyenneté responsable et d’un sens élevé des responsabilités et de l’intérêt général”
Mais est ce que les partis politiques peuvent et ont envie de présenter des candidats correspondant aux critères de cette nouvelle élite tels que définis dans le discours royale et souhaitée par la grande majorité des citoyens de notre pays.

Toute chose étant égale par ailleurs, je crains que les nouvelles prérogatives du parlement et du gouvernement n’attirent au jeu politique plus des profils intéressés par le pouvoir ou l’argent et pas du tout par l’intérêt général.
Dans le meilleur des mondes, les partis, pour désigner leur candidat seront guidé par un seul critère : Quel est le candidat qui va apporter le plus de sièges (seul le résultat compte peu importe les moyens).
Or gagner un ou plusieurs siège pourrait être aisé pour les candidats sans éthique vu le nombre de votant réduit.
Certes, nous pouvons espérer que la loi électorale (en cours d’élaboration) devrait permettre en théorie de réduire le niveau de corruption par des mécanismes législatifs et par le niveau des sanctions. Mais à mon avis le seul remède intégral serait d’augmenter le nombre de votant pour désintéresser les corrupteurs.
Les citoyens marocains, ayant manifesté ou pas, sont dans le droit d’espérer une classe politique digne de leur vote et de leur confiance. Mais ceux qui ne voteront pas, pour quelque raison que ce soit, accordent aux candidats véreux, une facilité d’accès au « marché des voix » de façon certes involontaires et inconsciente et néanmoins désastreuse pour notre pays.
Aussi vu qu’il s’agit là de l’intérêt général de notre pays, je propose de rendre le VOTE OBLIGATOIRE aux élections nationales et locales.
Pour ceux qui vont dire mais ce n’est pas démocratique, je souhaiterais rappeler que cette obligation est en vigueur dans plusieurs pays : la Belgique, l’Australie, La Turquie, la Grèce, le Luxembourg, le Brésil, le Costa Rica …
Bien évidemment cette obligation s’accompagne pour les citoyens qui ne l’auraient pas respecté de sanctions pécuniaires et/ou administratives. En Belgique par exemple Un électeur qui ne se rend pas aux urnes peut se voir infliger une amende de 25 à 50 €, et jusqu’à 125 € en cas de récidive.
La constitution du royaume prévoit dans son article 30 « Le vote est un droit personnel et un devoir
National ».
Aussi à mon humble avis, vu que la carte d’identité nationale va être instaurée pour les opérations de vote et vu que la quasi-totalité des citoyens majeurs dispose d’une telle pièce d’identité, il serait opportun, utile et constitutionnel de prévoir dans la nouvelle loi électorale l’obligation de vote.
Sans cette obligation de vote, les méthodes ancienne de formation de l’élite politique seront toujours en vigueur.
Hamid benlafdil
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