Agonie politique

13 01 2010

Au risque de choquer certains, le dernier remaniement ministériel est pour moi un non-évènement. Il vient juste pour confirmer les quelques remarques suivantes, partagées par tous :

  • Le Makhzen devient plus transparent : En nommant l’avocat du palais ( celui qui serait derrière toutes les affaires de la presse ) au poste de ministre de la justice, le totalitarisme se clarifie.
  • La nomination de Lachgar ( voir caricature ) et le limogeage de Radi ( après ses fameux 17 projets de loi, sentie comme une éjaculation ) est un message adressé à l’USFP : faire durer les tensions et dévier les débats internes. Le Makhzen ne se plie pour que taire les mauvaises langues et n’accède jamais à la demande de démission.
  • AVISER les chefs de partis à la dernière minute, renforcer la technocratie, ôter au premier ministre son pouvoir, constitutionnel par ailleurs, de proposition ( seulement ), … ne fait que engloutir l’image, déjà ternie, de la politique dans ce pays, et prouve encore une fois que l’élite se forme dans l’informel.
  • L’acceptation humiliante par tous de ces actes prouvent la corruption morale, au moins, de toute la classe politique.
  • Attention à tous les politiques : Le parti du Roi limoge ( Benmoussa ), nomme ( Lachgar ), … et fait des carrières pour les plus ambitieux! Tout ceci en étant dans l’opposition :)
  • Le Roi règne, gouverne, légifère, juge, … sans opposition!

Le débat au sein de l’USFP, déjà agonique, sera encore une fois dévié, on nous laissera parler de Radi, Lachgar et autres « zaïms ». Non. Qu’on ne nous voile pas les questions de fond : Que font-on dans ce pays? Voilà la question à se poser!

Réitérant un souhait que j’avais formulé avant, resté sans réponse :

ها العار اعطيونا التيساع

« Frères Elyazghi, Radi, Elmalki, Oualalou et Lachgar,

Je vous respecte énormément. Vous avez été mes idoles pour longtemps. Nous avons grandi dans ce parti et nous vous avons trouvé. Vous avez milité pendant longtemps, personne ne pourra vous le contester. Vous avez beaucoup donné au parti, au Maroc et aux marocains. C’est bien.

Aujourd’hui, j’ai pensé à vous,après qu’on ait pu nous évaluer. J’ai trouvé que vous avez bien besoin de vous reposer. La responsabilité vous a usé et vous a pris de vous même et de vos familles.

Alors, pour ceci, je vous propose le package suivant :

  • Vous laissez le parti aux jeunes, ne craignez rien, ils sont bien capables de le garder et l’USFP ne coulera pas après vous.
  • Je vous mets sur l’image en haut avec nos leaders historiques.
  • Nous construisons, dans notre siège de Riad, un musée à votre mémoire. Comme ça, toutes les générations se souviendront de vous.

Merci de me répondre avant le congrès,

Veuillez accepter, chers frères, l’expression de mes respects les plus profonds. »

On avait Abderrahim, merci Si Boubker Kadiri de nous l’avoir rappelé lors de sa cérémonie de mémoire le Samedi dernier, « Abderrahim savait dire non. Nous n’avons personne aujourd’hui qui ose le dire! »





Ainsi disait Laroui à propos de la politique. Extraits politiques « min diwan Assyassa ».

6 01 2010

Nous nous rapportions l’information de la publication du nouveau livre de Laroui avec admiration et étonnement. Notre Ami Tafnout était le premier à nous rapporter l’information, comme si c’était une avant-première. On se bousculait pour lire et comprendre le livre. On a parlé du contexte de sa parution. Beaucoup ont parlé sur comment le lire. Tafnout avait l’idée de dire qu’il faut dépasser Laroui, le géant, comme le faisait Marx avec Hegel. Certains d’entre nous contemplaient la simplicité de la langue, alors que d’autres, comme Bajjou, remarquaient comment Laroui surgit et parle de politique après avoir coupé les liens avec elle. Peu d’articles ont été écrits sur le sujet. Généralement les journaux ont publié des extraits du livre, sans les commenter. Lisez la suite de cette entrée »





USFP et le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne

17 11 2009

A quelque semaine de la tenue du conseil national de l’USFP, le débat est revenu notamment sur la question de la participation gouvernementale. Je retranscris ici, ma traduction ( enfin ) d’une déclaration donnée à un journal de la place, en Septembre dernier.

Je considère, à mon sens, que le Maroc ne vivrait plus, au moins depuis les élections législatives de 2007, dans la logique des accumulations qui a bâtit l’ère de ce l’on a convenu d’appeler « la transition consensuelle » et de ce qui en résulte. Nous vivons une apostasie du projet du « processus démocratique », ou pire, nous recevons les condoléances du décès de la politique d’une manière humiliante !

Ainsi, et à partir de plusieurs données objectives que nous avons soulevé à propos de l’évaluation ou du dessin des traits de l’ère politique et suite également aux accumulation de l’USFP ( rapport de la commission d’évaluation des résultats 2007, Déclaration du 8ème congrès ), beaucoup de militants pensent-ils que la participation de l’USFP à un gouvernement incompatible et ne possédant aucune vision de réforme n’est que continuer à faire durer cette bourde mettant à mal la valeur du parti. Il n’a pas été donné suite au mémorandum des réformes constitutionnelles que le parti a présenté conformément aux résolutions du 8ème congrès qui limite notre participation gouvernementale. Et même la réforme de la justice, placée sous notre tutelle, je me demande sincèrement comment nous pourrons réaliser ce chantier alors que le Roi lui a posé un seuil en annonçant dans son dernier discours que « la justice est du ressort de la Commanderie des Croyants » !

Nombre de militants de l’USFP se demandent comment continue le leadership du parti à confirmer cette image, déjà ébranlée, du parti dans un gouvernement ne possédant aucune décision politique, appliquant des politiques de droite et dans une alliance contre nature, au prix même de l’âme du parti. Il se peut que nous divergions avec certains de nos camarades sur de grands choix, et nous avions demandé plusieurs fois de canoniser les différences par l’institutionnalisation des courants certes, mais aujourd’hui, même la questions des courants ne possède plus une grande valeur devant le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne ?

Une des entrée essentielle pour exiger les grandes réformes, qu’il n’est plus à prouver que les autres forces politiques ne sont pas prêtes à l’entamer, reste la sortie de l’USFP du gouvernement, acte compatible avec son âme et les positions de son dernier congrès. Il est demandé à l’USFP aujourd’hui à rassembler les forces de gauche et progressistes autour du projet de l’Etat équitable socialement, moderne dans tous les sens et réellement démocratique, que nous ne possédons pas le privilège pragmatique, idéologique et philosophique de le concevoir en dehors de la monarchie parlementaire !

Nous avons signé, en compagnie de nos camarades, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations de gauche, une « lettre au peuple de gauche » contenant un cri devant une piètre situation de la gauche entière, gouvernementale, opposée et même en dehors des organisations. Nous souhaitons installer un grand courant idéologique infiltrant toutes les organisations et qui exerce de la pression pour unifier la vision autour de la construction de l’Etat. L’objectif de cette initiative est de sortir la gauche de sa mort clinique. Nous ne sommes pas putschistes, ni même scissionnistes, nous sommes unitaires et nous oeuvrerons à poser les vrais questions de la patrie, à partir de nos conviction et attachement aux principes fondateurs de la gauche : une ambition collective pour la patrie, le courage dans les positions et la clarté idéologique.

Je me permets d’insister ici que l’unité de la gauche n’est pas une fin pour notre militantisme. Comme j’ai précédemment évoqué concernant la question des courants, le sujet de l’union et ses formes n’est plus une priorité quand on se pose la grande question de la patrie. Je considère que l’on revient à se poser les mêmes questions de l’Etat tels que posés à l’aube des années 60 et que toutes les accumulations qu’a réalisé la gauche à travers ses combats et le sang de ses martyrs se retrouvent aujourd’hui devant un grand danger de retour en arrière.





Où sont passés les démcrates de ce mouvement?

14 09 2009

Je ne sais pas pourquoi je m’en rappelle aujourd’hui, mais je ne trouve pas de réponse à la question : Où est passé le « Mouvement pour Tous les Démocrates ».

Ce mouvement s’est tracé d’ambitieux objectifs lors de sa constitution : la pérennisation des choix démocratiques, les réformes institutionnelles et constitutionnelles idoines, relever les défis du développement durable, La refonte du système éducatif, … Alors, moi à qui on reproche d’être en « délit d’attache à la mémoire politique » et de « nostalgie idéologique » maldive, je me suis bien dit qu’il serait intéressant de demander les aboutissements de cet ambitieux projet, dont l’initiateur FAEH avait déclaré un 8 Août 2007 que sa « démarche est simple et sereine. Elle ne répond à aucun agenda politique« .

Pourtant sa déclaration phare, toute importante du fait de son statut d’ami intime du Roi, est celle-ci : « Enfin, Ali El Himma précise qu’il n’y a pas eu de rupture entre Feu Sa Majesté le Roi Hassan II et Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Au contraire, il insiste sur la continuité. Notamment en ce qui concerne les droits de l’Homme. »

Le mouv’ a très bien diagnostiquer la situation du pays : « Nous n’avons pas du pétrole ni des ressources naturelles qui peuvent déboucher sur un excédent budgétaire, mais le Maroc, notre pays, à un potentiel humain, qui est incroyable et inestimable, et qui peut être une source d’énergie inépuisable ». Il était temps donc, en seconde phase, de procéder à mettre en valeur ce potentiel humain, le revaloriser en politique et profiter de son énergie!

« Le mouvement de tous les démocrates ne peut être que cette force de proposition que cherchent ceux qui s’identifient dans les valeurs de notre pays, ce mouvement est un autre signe, de plus, que la transition, initiée par Sa Majesté le Roi Mohamed Six, vers un Maroc meilleur, est perpétuelle » assure un des membres du mouvement, omettant l’assertion de FAEH : « C’est plus difficile d’être démocrate que ministre de l’Intérieur ».

« Il faudra que l’on cesse de faire l’amalgame entre PAM et MTD » déclare une leader du mouvement, avant de demander, non sans amertume, « d’arrêter de focaliser trop sur la personne  de Fouad Ali El Himma en parlant continuellement de mouvement de Ali El Himma… ».

Alors, où est passé le Mouv’ ? Et où sont passés les démocrates de ce mouvement?





Liberté de la presse vs sacralité de la santé du Roi

7 09 2009

Dans un geste progressiste, un communiqué du palais royal, premier du genre ( Cf communiqué sur la bonne santé du Roi ), informe les marocains que « SM LE ROI EN CONVALESCENCE DE 5 JOURS, MAIS SON ÉTAT DE SANTÉ NE JUSTIFIE AUCUNE INQUIÉTUDE ». Nous ne pourrons que se féliciter d’un acte de transparence de haute qualité et souhaiter prompt rétablissement au Roi.

Le cœur du communiqué parle de « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, présente une infection à rotavirus avec signes digestifs et déshydratation aiguë nécessitant une convalescence de cinq jours ». Voilà ce qui donne envie au commun des mortels, de savoir ce que c’est ce rotavirus.

La presse écrite marocaine s’est saisie de l’occasion de l’ouverture et la transparence affichée par l’institution centrale du pays et a cru, comme tout le monde, naïvement, que « l’information est sacrée, le commentaire est libre ». Chaque publication fera son affaire pour donner le scoop, commenter l’événement de transparence inédit et surtout expliquer ce que veux dire ce mot bizarroïde de rotavirus.

Premier acte après la publication des dossiers, « Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a ordonné à la police judiciaire de diligenter une enquête minutieuse avec le directeur de publication du journal “Al Jarida Al Oula”, suite à la publication, le 27 août 2009, d’un article intitulé “la maladie du Roi reporte les causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca”, ainsi qu’avec toute personne impliquée dans cette affaire ». Ali Anouzla et Bouchra Addou passent plus de 80 heures d’interrogatoires, notamment sur la source qui leur avait révélé que le Roi « était atteint d’asthme et qu’il est traité de médicaments à base de corticoïdes ». Mieux encore, le parquet ne lui suffit pas deux journalistes. Il interpelle les journaux Alayam et Almichal.

Alayam a titré « la vérité de la maladie de Mohamed VI ». Dans son dossier, la publication se demande si le Roi « souffre d’une maladie de l’asthme » et martèle que « seul Dr Maouni, médecin du Roi, est capable de répondre ». Abdelkrim Elmanouzi, spécialiste de l’appareil digestif, figure de gauche de l’USFP, explique que le fait que « le Roi soit atteint du rotavirus est une chose normale, parce que c’est une maladie démocratique » ! Il ajoute « que c’est une maladie normale qui ne nécisste pas plus d’une semaine de convalescence ».

Almichal, quant à lui, a consulté un autre spécialiste, Boubekri Mohamadine, membre du PSU et président du syndicat libre des médecins. Le pauvre Toubib de gauche a subi un interrogatoire pointu de plusieurs heures. Fait rapporté par Le soir Echos dans sa livraison du Mardi 08 Septembre.

Dernier développement dans l’affaire, « Le directeur de publication du journal « Al Jarida Al Oula », Ali Anouzla et la journaliste Bouchra Edaou, auteur de l’article « La maladie du Roi reporte les Causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca », publié par le journal, comparaîtront le 29 septembre devant le tribunal de première instance de Rabat », selon un communiqué de la MAP.

Récapitulons : 10 journalistes ont subi des interrogatoires marathons, un médecin interpellé. Le communiqué officiel initial parlé de « fausses informations concernant la santé du Roi » qui n’ont pas de lien avec « la vérité » que contient le communiqué. Je ne suis pas peut-être spécialiste de la presse, mais je ne comprends pas qu’il puisse exister, avec mon background, « une vérité » que la presse serait obligée de relayer. Bien sur, comme d’habitude, quand tu fais taire ta presse, celle des autres, qui généralement n’a aucun souci national, profite pour te donner des leçons, ne serait-ce qu’ici, ici et . Fekha yamen we7eltiha. Je pense à notre camarade khalidov, qui me traitera de tous les noms. Tout simplement, vous faites la gaffe, après vous venez criez, au nom du patriotisme, que l’on soit solidaire face à cette presse, qui si vous la contrôliez, elle sera aussi sous le verrou. Et remarquez que je n’ai aucune sympathie pour cette presse, je défends tout simplement un principe universel, qui s’appelle la liberté d’expression, qui, selon l’artcile 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme, veut dire « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. ». Je suis sur que le Roi, comme il l’avait montré dans de précédent cas, fera signe d’indulgence et abandonnera la poursuite collective des journalistes !

Remarque qui n’a rien à voir avec ce qui précède. Le journal arabophone du parti du premier ministre titre à sa une samedi dernier : « La compagne agressive contre ce chef d’Etat [Cf Kaddafi] frère est la cause de la convocation du président du polisario à la Libye ». Cela ne mérite pas une poursuite, dans la même logique, pour information abrutissante touchant la sacralité de la cause nationale !





91%, 9%, censure, … que veut dire tout ceci.

5 08 2009

S’il y a un côté positif à cette affaire de censure de Tel Quel, Nichane et Le Monde, c’est bien les enseignements, majeurs et actuels, du sondage réalisés par ces publications. Dans cette réflexion, j’ai essayé un peu d’analyser le marocain, à travers ses réponses au questionnaire tout en me munissant des dernières connaissances dont dispose le Maroc. Je prends comme postulat de base que le sondage n’est pas biaisé, faisant foi au cabinet, mandaté des fois par des départements gouvernementaux du Maroc. 9%, 91%, … que veut dire tous ces pourcentages ? Décortiquons à travers une autre déchirure/clivage de la blogoma, voire de la société à travers les résultats.

1er constat :

Le premier résultat du sondage, et qui a provoqué la déchirure, met en lumière que 91% des marocains estiment que le bilan des 10 années de règne est positif ou très positif. Les 9% restants ( d’ailleurs ils sont tous recherchés J ) estiment le bilan plutôt négatif ( 6% ), ou très négatif ( 2% : ah ceux là, ils sont cuits J ) ou sans opinion ( 1% : hadou ilyah ). Les 91% englobent, selon les statistiques officielles du HCP, des riches, des classes moyennes et des pauvres ! Imaginez, le citoyen lambda, qui ne touche pas le smig, qui habite le bidonville depuis des années, qui n’a pas un travail fixe, qui n’a pas scolarisé ses enfants, … se trouve aussi dans les 91% ! d’un autre côté, je ne peux, d’une manière scientifique, quantifier les composantes des 9%, mais j’estime, comme d’autres d’ailleurs, que parmi les 9%, il y a des gens qui ont vu leur situation s’améliorer durant les 10 dernières années. Ceci est à mettre en liaison avec le résultat du même sondage qui illustre que 63% estiment que la situation de la pauvreté n’e s’est pas amélioré !

Mon commentaire : 1 – Soit le Maroc est un pays complexe socialement au point qu’aucune analyse connue ne permet de le comprendre, soit le sondage ( théorie du complot ) est foncièrement biaisé. 2 – Arrêtons de réduire, par simplisme primaire, les 9% ou les 91% à des détracteurs et des fanatiques de la monarchie. Ce simplisme a fait perdre au pays de longues années, et nous avons TOUS compris que ceux qui tenait ce discours ( les Oufkir, basri, … ) étaient les premiers à trahir la monarchie. Les 91% et les 9% émettent leurs jugements sur la gestion du pays durant 10 ans, marquée par le règne du Roi Mohamed VI. Ils ont le mérite de procéder ainsi à un exercice nouveau de comptabilité de la gestion de la chose publique. 3 – Le clivage qui se crée autour de cette question marquent la bonne santé du débat politique sociétal du pays, qui malheureusement tarde à se concrétiser sur la scène politique ( partisane, parlementaire, … ). Les 9% ont le mérite d’exister. Et s’ils était juste 0,9%, j’aurais été parmi eux, parce que, même si l’on suppose que leur jugement est « incorrect », ils font que la critique soit le moteur de l’avancement, apprennent l’exercice de la démocratie et évitent au pays la pensée unique. Et dernier point, les 9% ne soutiennent pas ARB contre Niny, ni Nini contre Khalid Naciri, … ils veulent juste avoir le droit à l’information et le droit à exprimer leurs opinions.

2ème constat :

18% des marocains ne savent pas si nous sommes dans un régime démocratique ou pas ! En réponse à la question « Diriez-vous, globalement, que le Maroc aujourd’hui est … », ils étaient 49% à estimer qu’il est une monarchie démocratique, 33% à estimer qu’il est une monarchie autoritaire et 18% sans opinion. Les 33% pensent que la monarchie est autoritaire et doit le rester. Selon Le Monde, ils estiment qu’ « il vaut mieux que le pouvoir soit entre les mains du roi qu’entre celles des élus corrompus » !!!

Mon commentaire : je ne vais pas m’aventurer à produire un jugement de valeur envers le marocain lambda, plus par désir d’aller de l’avant. En excluant les 18% ( qu’il faudra que nos « intellectuels » traitent de manière sérieuse ), les 49% et les 33% légitiment les 9%. Comment ? Je m’explique. Ceux qui croient que nous sommes en démocratie doivent comprendre que nous ne pourront pas être d’accord sur un bilan, en une démocratie, et de ce fait, les 9% existent naturellement ou doivent exister. Quant au 33%, ils seront d’accord, que même dans un système autoritaire, il se peut qu’il y ait des « refuzniks », « minables », abominables ( ga3 ) qui sont à la marge du consensus communément admis. Quant au 18%, ils n’auront certainement aucun avis des 9% !

3ème constat :

Il se trouve que 79% des marocains estiment que la moudawana a donné « trop » ou « assez de droits aux femmes » et que de toute manière, il ne faut pas aller plus loin !

Mon commentaire : Le Maroc est majoritairement conservateur. Ceci explique aussi les 91% !

Globalement, loin des « leçons » des frakaouis du journal « Le Monde », des débats stériles sur les chiffres et pourcentages, des publicités de tel quel ou almassae, si ce sondage Tel Quel – Nichane – Le Monde n’a pas existé, il fallait l’inventer ! il a au moins le mérite d’avoir permis de comprendre comment réfléchit le marocain aux dix années passées, et de facto, à son avenir. Il a aussi servi à provoquer le débat, pas toujours possible en dehors des sphères intellectuelles.

Voilà pourquoi j’estime que le « mouvement » des 9% a réussi!





Bravo à la justice, 9% gagne

4 08 2009

Le tribunal annule la décision de saisie de tel quel et Nichane.

Bravo 9%





Sondage interdit en image

3 08 2009





Nous sommes 9% et nous pourrons être plus!

2 08 2009

Contre tout acte liberticide, la saisie par le les autorités marocaines des publications de Nichane et Tel-Quel est un acte moyenageux. Cette saisie coincide avec le 10ème anniversaire de la nouvelle ère et rappelle les interminables procès de liberté d’expression. Elle rappelle aussi des attaques de cette semaine d’un journaliste, Niny de son nom, envers ces publications et derrière envers toute une franche de population ayant choisi de manifester le désire d’aller vers la modernité. Ajoutons que ce même Nyni est frappé par une amende non exécutée ( !!!! ) de 6 millions de Dirhams. Ces attaques montrerent que le coup aurait été préparé avec beaucoup de populisme, pour que ARB soit vu par la population comme un appostat, mécréant, « mangeur » de ramadan, qui en plus s’attaque à la personne du Roi!

Voici la couverture du numéro tel-quel saisi :

Nous sommes 9%, mais nous pourrons être plus!





« Une décennie de règne » & « La transition inachevée ».

27 07 2009

Le débat au sein de la blogoma ( facebookoma, twittoma, … merci Star si tu peux nous trouver la bonne syntaxe ) sur la décennie passée est pour le moins constructif. De simples citoyens exposent leurs évaluations sur le règne de Mohamed VI. Impensable il y a 10 ans ( vous me diriez il n’y avait pas Internet :) ).

J’ai déjà commencé à faire le tour des bouquins sortis à l’occasion, et entamé la série par une lecture du livre de Ali Ammar. Je vous propose aujourd’hui deux autres ouvrages : « Le Maroc de Mohammed VI, la transition inachevée » de Pierre Vermeren et « Mohammed VI, une décennie de règne » de Youssef Jebri.

Vermern est professeur-maître de conférence dans plusieurs universités. Il a enseigné 7 ans au Maroc et publié plusieurs ouvrage sur le pays : « Le Maroc en transition » ( 2001 ), « Histoire du Maroc depuis l’indépendance » ( 2002 ), « La formation des élites marocaines et tunisiennes : des nationalistes aux islamistes 1920-2000 » ( 2002 ). Si Ammar a raconté les histoires vécues dans son job de journaliste au « Journal », Vermern rapporte beaucoup ce qu’il a lu sur tel-quel. N’empêche que malgré la référence, l’auteur apporte sa propre analyse, exhibe des portraits des protagonistes de la « nouvelle »ère et ramène une bibliographie intéressante. L’ouvrage est scindé en deux partie : « un système politique peinant à évoluer » et « une société à la recherche d’elle même sur fond de volontarisme économique ». « Il serait excessif de prêter à Mohammed VI un contrôle sur l’ensemble de ce réseau makhzénien. Mais, par le jeu des alliances, sa connaissance des familles, son pouvoir de nomination et d’influence, … il exerce, avec sa garde rapprochée, une surveillance vigilante sur les trajectoires et les performances … » rapporte l’auteur sur la relation qu’entretient la monarchie avec les familles makhzaniennes et l’élite des « technocrates éclairés, les ingénieurs-managers du roi ». Sur le plan politique, Vermern avance qu’ en « revanche, en laissant la gauche se fractionner en une dizaine de formations rivales, voire en accompagnant ce mouvement comme aimant à le faire D. Basri, ….laissant concourir en 2002 et 2007 près de 35 formations, dont une bonne moitié contrôlées par des hommes proches du palais » avant de se demander « quelle sera la capacité des forces sociales, des élites montantes et d’une jeunesse pléthorique et remuante à accepter ce cadre ? ». Il explique ici, dans un entretien avec libé ( Maroc ), pourquoi il pense que la transition est inachevée.

Jebri, jeune écrivain marocain établi en France, pense clairement qu’ « après une décennie de pouvoir sans réforme constitutionnelle, il est permis d’écrire, sans grand risque d’erreur, que l’actuelle constitution – toujours octroyée et qui fait de lui un monarque absolu -, convient à Mohammed VI ». « S’il est un domaine où la continuité entre le régime de Hassan II et celui de Mohammed VI est manifeste, il s’agit bien de celui de l’économie. » ajoute l’auteur, non sans équivoque. Alors que Jebri se demande dans l’intro du livre « 1999-2009, une décennie s’est écoulée. Mohammed VI a-t-il réussi son pari, celui de faire entrer son pays dans l’ère de la modernité ? A-t-il réussi, comme il s’était engagé à le faire, à instaurer un véritable Etat de droit », il répond en conclusion, sur un ton confiant « Le pays ne peut en aucun cas être qualifié d’Etat de droit et il est loin d’avoir réalisé sa mue démocratique ». Sur le plan socio-économique, l’auteur souligne l’importance des chantiers ouverts, comme l’INDH, qualifié par le Roi lui même de « chantier de règne ».

Vous auriez suivi certainement la presse nationale, les radios ( médi1 par exemple ) et les télévisions marocaines ( woooow ). Elles ont multiplié les analyses et les chroniques sur les 10 ans de règne. Comme formulé plus haut, bien de simples citoyens ont aussi participé à ce jeu de bilan. Espérons que ce débat public puisse être constructif et saura être ouï. Attendons alors le discours du trône et espérons que les réformes sollicitées soient annoncées !





LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !

25 07 2009

De la clarté, de l’ambition et du courage.

Lettre au peuple de gauche

LE CONSTAT…

Depuis une dizaine d’année, le Maroc vit au rythme de grands chantiers économiques, pensés et mis en œuvre en dehors du système politique institutionnel.

Même si pour certains de ces grands projets économiques, les répercussions s’annoncent positives pour le pays, on est forcé de noter une absence flagrante de grands projets à dimension sociale, ô combien nécessaires dans le Maroc ultra inégalitaire d’aujourd’hui.

Pour en faire l’illustration et l’exercice, prenons pour seul – mais pas unique- exemple le projet du futur TGV marocain, qui devrait nous coûter quelque 20 milliards de dirhams.
Cette base de calcul est on ne peut plus appropriée puisque ce projet «budgétivore» symbolise à lui seul, et l’inefficience et l’archaïsme de notre gouvernance économique et politique.
En a-t-on débattu? Une analyse coûts-bénéfices a-t-elle été réalisée ? Que pourrions-nous faire d’autre avec 20 milliards de dirhams ? Plus concrètement, sur quelle base cette décision a-t-elle été justifiée et jugée prioritaire, quand on sait que même en occident, ce moyen de transport moderne est considéré comme socialement inéquitable, puisque seuls les plus aisés peuvent se permettre de l’emprunter.

Le budget alloué à l’INDH, chantier social majeur, est de 10 milliards de dirhams, soit un demi TGV. Le budget d’investissement du ministère de la Santé ne dépasse pas le dixième de l’enveloppe décidée pour le projet du TGV.
Le budget d’investissement du ministère de l’Education Nationale correspond, quant à lui, tout juste au quart de celui du TGV, etc, etc.

20 milliards de dirhams pour l’éducation et la formation, ne serait-ce pas le plan Marshall attendu depuis 50 ans ! La question doit être posée courageusement.

La politique économique, les grands choix structurants, prennent-ils en compte l’intérêt général ?

Sur le plan politique, s’il y a une leçon à tirer des deux derniers rendez-vous électoraux, c’est bien la désaffection totale de la population marocaine pour les urnes.
Sur vingt millions de personnes en âge de voter, seuls six se sont déplacées, et en majorité pour porter leur voix sur des «opportunistes de la politique.

Face à ces vérités, il n’est pas excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons d’espérances – et ce n’est pas une caricature :

- Immigrer vers des terres où l’ascension sociale est possible.
- Obtenir un agrément lors d’un passage du souverain à proximité de leur rue, de leur quartier ou de leur ville.
- Se lancer dans la criminalité, en col bleu ou en col blanc cassé.

Ce manque d’espoir fait courir à notre pays un risque sociétal fatal. Nous risquons, au mieux – et à moyen terme -, de ressembler à un de ces pays d’Amérique du Sud, qui voilà trente ans, choisissaient la voie de l’ultra libéralisme et qui subissent, aujourd’hui, la violence armée d’une société ultra inégalitaire !

Quant au pire, il suffirait de regarder à l’Est pour le palper. Les exemples sont nombreux, de l’Algérie au Pakistan, en passant par l’Egypte.

Où EST PASSÉE LA GAUCHE ? …

Ces quelques constats sur la situation économique et politique de notre pays resteraient du niveau d’une discussion de café, s’ils ne s’accompagnaient pas d’une réflexion sur l’état de la gauche marocaine et la nécessité absolue de sa re-mobilisation.
Où est la gauche? Quelle est sa situation, aujourd’hui? Qu’a-t-elle fait, ou que n’a-t-elle pas fait pour en arriver là ? Où en sommes-nous du point de vue idéologique ? Quelles sont nos idées ? Où sont nos propositions innovantes ?
Les réponses sont dures à entendre. Et les faits incontestables. La Gauche marocaine est sous anesthésie.

En majorité au «pouvoir» pendant près de dix ans, la gauche n’a – à quelques exceptions près – pas mis en place la moindre de ses idées sociales, pourtant mûries pendant près de 40 ans d’opposition. Bien au contraire, c’est sous des gouvernements où la gauche participait, que l’option ultra libérale – alors en cours d’implantation-, a prospéré. (baisse du taux de l’IS, lois anti-coopératives, etc).

Sur le plan sociétal, aucune idée novatrice ou courageuse n’a été défendue sur des questions aussi importantes que la séparation du religieux et de l’état ou sur la langue ou les langues nationales.

Et pour finir, sur le plan politique, la majorité de la Gauche marocaine a définitivement renoncé à défendre l’option démocratique réelle et l’Etat de droit, s’accommodant et se compromettant chaque jour un peu plus.

Force est de constater que la majorité des partis de gauche et en particulier l’USFP, se sont transformés en petites boutiques, tenues par des leaders sans aucune autre ambition que de maintenir leur petite capacité de nuisance et de défendre ce qu’ils considèrent comme leur dû : la chance d’accéder à un maroquin ministériel ou d’être nommé à tel ou tel poste.

DE LA CLARTE, DE L’AMBITION ET DU COURAGE

Comment sortir de ce coma, comment renaître de nos cendres ? Là sont les questions à se poser, aujourd’hui. Et gageons, quelles que soient les réponses, de respecter ces Trois mots d’ordre, CLARTÉ, AMBITION, COURAGE.
Trois principes qui devraient faire l’unanimité au sein du peuple de gauche marocain pour espérer bâtir une société meilleure.

CLARTE OU CLARIFICATION IDEOLOGIQUE

Politique de gauche
Devant un Maroc profondément inégalitaire, nos actions politiques qu’elles soient protestataires ou réformatrices, doivent viser avant toute chose la défense et l’intérêt des plus faibles parmi nos concitoyens et la promotion d’une égalité réelle des chances de tous les marocains.
Cela implique un engagement franc, sans ambiguïté et sans double langage contre la corruption, la rente, la culture de passe-droits ainsi que tous les abus de pouvoirs dont les plus faibles paient le prix fort.
Cela implique aussi une série de prises de position et d’actions en vue de rendre l’impôt – ciment de l’état de droit – sous toutes ses formes, plus juste et surtout, au service de la cohésion sociale et non pas des rentiers.
Ceci implique de travailler en profondeur sur le rétablissement de l’égalité réelle des chances, et notamment de manière prioritaire à un travers un système éducatif fort, devant faire l’objet de toutes les attentions.

Sur la question des chantiers sociaux en cours, et à leur tête l’INDH, si leur jeunesse ne permet pas de les condamner d’emblée, il est force de constater que les budgets qui y sont alloués sont faibles sur une base de calcul «TGV à 20 milliards». Une lecture attentive de la dernière loi de finance permet aussi de déterminer le peu de place fait aux chantiers sociaux et culturels, en particulier en direction de la jeunesse.
Car la Culture n’est pas faite uniquement de festivals ou de rendez-vous d’animation folklorique, mais de théâtre, de musique, de littérature, de la médiathèque à l’école publique…

En résumé, la gauche doit défendre, forger et porter des projets socio-économiques alternatifs. Croissance à tout prix certes, mais croissance pro-pauvres et surtout fortement redistributive.

La séparation du religieux de l’Etat
Ces dernières années, notre pays a évolué dans le domaine religieux, mais pas nécessairement dans la bonne direction. Il est triste de voir que la dimension restrictive et intolérante de la religion domine toujours.

Aujourd’hui plus qu’hier, cela constitue un frein à notre développement sociétal. Et c’est encore une fois, aux femmes et aux hommes de la Gauche d’être à la pointe de la réflexion et de l’initiative sur ce que le monde développé – et non seulement l’occident comme certains le déclarent- a réussi à faire dans le domaine de la séparation de l’Etat du religieux.

Car si la religion est une composante importante de notre identité marocaine mais aussi du ressort de la liberté individuelle, et qu’à ce titre sa pratique doit bien entendu être protégée et valorisée, il est important de poser le problème de son immixtion dans tous les champs de la vie publique et individuelle. L’application ou non de certaines lois religieuses laissées au bon vouloir des agents d’autorité, créée un dysfonctionnement dans notre éducation civique collective.
Comment par exemple, espérer inculquer le respect des lois à nos enfants lorsque plusieurs lois sont appliquées de manière «flexible» ?

Notre conception démocratique de l’Etat de droit doit prévaloir. Lorsqu’une loi n’est pas bonne, il faut la changer et non pas accepter qu’elle soit bafouée car alors ce sont toutes les lois qui deviennent «flexibles» aux yeux de nos enfants et du peuple tout entier.

Rapport au pouvoir central

En moins de dix ans, la majeure partie de la Gauche et l’USFP en particulier a détruit ce qu’elle mit 40 ans à mettre en place, dans ce domaine. En effet, le roi est le Chef de l’Etat marocain et mérite à ce titre notre respect car nous, peuple de gauche, considérons que ne pas respecter le chef de l’Etat, ou le fragiliser dans son rôle de ciment de la nation, porterait indéniablement tord aux intérêts de la nation et par conséquent au bien-être potentiel de ses citoyens.

Le défi à relever en ce qui concerne notre relation au chef de l’état, doit impérativement trouver ses sources non pas dans des postures stériles mais dans l’axiome fondateur de la gauche moderne marocaine qui annonçait il y déjà plus de trente ans qu’un pays ne peut être gouverné correctement par un seul homme.

AMBITION POUR LE PAYS

La clarification idéologique abordée dans les paragraphes précédents ne servirait à rien, si elle n’est pas, tout de suite, mise au service d’une ambition pour le Maroc. Une ambition collective portée par les femmes et les hommes de la Gauche.

Commençons par énumérer quelques objectifs évidents et déterminons avec clarté et au moyen de calendriers, quelques étapes nécessaires à leur réalisation.

•Dans moins de cinquante ans,

Le Maroc doit être un pays de Citoyens.

Les inégalités sociales doivent être moins importantes que ce qu’elles sont, aujourd’hui, dans les pays développés.

Le Maroc doit être à la pointe de l’innovation sociale, économique et sociétale. (Sortir de l’ère de la franchise, de l’exploitation et de la charité pour entrer dans une économie de création, de travail, de recherche et développement.

Pour y arriver, il nous faut impérativement fixer les objectifs à court terme.

•Dans moins de dix ans,

Le peuple marocain doit avoir de l’Espoir (les pères et les mères doivent croire que la vie de leurs enfants sera meilleure que la leur).

Le sentiment patriotique doit prendre la place de l’égoïsme et l’individualisme. Les grandes nations se reconnaissent d’abord au patriotisme de leurs citoyens. (A ce titre, la remise en place d’un service civil national obligatoire peut constituer un début de solution.

Si on est de gauche, ces objectifs ne doivent pas sonner comme de l’idéalisme béat.
C’est ce qu’on appelle L’AMBITION COLLECTIVE.

Une fois partagée, portée par le peuple de gauche, cette ambition collective doit se traduire par la construction d’un projet de société alternatif, développé et détaillé en programmes et actions !

COURAGE POLITIQUE :

Pour effectuer son aggiornamento et développer une ambition collective, il est une qualité dont aucune force politique digne de ce nom ne peut se passer : LE COURAGE!

La gauche a démontré dans le passé, sa capacité à canaliser les courages individuels et les transformer en courage collectif. Ce n’est plus de mise aujourd’hui, à de rares exceptions près.

ETRE COURAGEUX, C’EST AFFIRMER CLAIREMENT SES IDEES, SES IDEAUX MAIS SURTOUT S’Y TENIR DANS SES ACTES QUOTIDIENS.

Il est totalement faux de dire qu’il n’y a plus de risque à militer à gauche aujourd’hui. Les répercussions sur les carrières professionnelles, les vies personnelles sont toujours de mise. Mais rappelons ici une évidence, rien n’a jamais été réellement changé dans l’histoire sans prise risque par des hommes et des femmes. Ceux-là sont nos référents.

ETRE COURAGEUX A GAUCHE AUJOURD’HUI, C’EST AUSSI ACCEPTER L’IDEE DE RUPTURE ORGANISATIONNELLE, GENERATIONNELLE ET DE MENTALITES.

Quasiment rien de ce qui a fait notre histoire récente, et surtout aucun des dirigeants de la gauche durant ses dernières années ne peuvent être lavés à la machine et retrouver une virginité politique. Le courage pour le peuple de gauche aujourd’hui, c’est donc aussi de revendiquer la rupture pour tout reconstruire.

Gageons de construire la force de Gauche de demain.

LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !

Premiers signataires :

Omar Balafrej

Souhayl Ben Barka

Mounir Bensalah

Youssef Chehbi

Brahim Bouabid

Sanaa El Aji

Marouane Mortabit

Soufiane Khairat

Annabelle Lhomme





Au Maroc, Mohamed VI règne, gouverne, juge, légifère, … sans opposition!

22 07 2009

J’avais commencé depuis un certain temps à écrire mes impressions à l’occasion du 10 anniversaire de l’intronisation de Mohamed VI, puis j’ai arrêté en me disant que plusieurs analystes auraient fait pareil, et par paresse, je les laisse faire. Entre « nouveaux orientalistes » et réfuzniks, peu d »analyses objectives sur les 10 ans de règne. C’est ainsi quand Larbi a lancé son appel, il m’a implicitement encouragé à participer au « jeu ». Je le remercie de m’avoir poussé à transcrire ce que je pense être un regard, parmi tant d’autres. J’espère être aussi positif, citoyen et responsable :) J’aurais certainement oublié beaucoup de détails, mais 10 ans, en 10 paragraphes, c’est assez réducteur. J’espère avoir contribué à une lecture objective et constructive. Alors que Malika Ahfiri pense que « ce que l’on constate très nettement est que les dix années de règne du Roi Mohammed VI sont appréciés. Applaudis. Le Roi est aimé au Maroc. Il n’est pas craint. N’est ce pas là l’une des plus rassurantes et belle transition démocratique du Royaume? », Politis se demande : « Doit-on pour autant prétendre que les dix dernières années sont à passer par pertes et profits pour le Maroc ? », tandis qu’un fan et « … » d’internet, Baskaoui estime « devant de tel gouvernement les marocains n’ont confiance que dans les décisions sage de SM Mohamed 6 ,car les marocains sont maintenant sûr que ni le gouvernement ni les parties politique ne sont pas encors apte a prendre la responsabilité et que seule les directives royales était là pour corriger les erreurs incessantes du gouvernement et le pousse à penser aux intérêts des marocains non à ses intérêts personnelles. » Laurent, blog casawaves, estime quant à lui  qu’ « En conclusion, beaucoup de choses sont à construire, mais l’avenir est ouvert ». Vous aussi, vous pouvez en parler. Essayez :)

Au Maroc, Mohamed VI règne, gouverne, juge, légifère, … sans opposition.

Beaucoup d’observateurs ont porté un grand espoir sur le règne du Roi Mohamed VI. L’image du Roi jeune, moderne et proche de son peuple a ravivé toutes les espérances. Bien des réalisations notoires ont pu voir le jour, mais ces mêmes observateurs ont omis, ou alors oublié sous l’effet de l’espoir, que le régime est marqué de continuité, la monarchie ne peut être que conservatrice, cherchant la stabilité du pays et la pérennité du règne.

Objectivement, le règne du Roi Mohamed VI a pu faire entrer le Maroc dans une spirale vertueuse de croissance économique, mal répartie par ailleurs, et de réformes. Tout honnête observateur remarquera le changement, en terme d’infrastructures, de comportements, d’attitude de l’administration, de « marges » de liberté, … certes, mais la rupture avec les pratiques du passé n’a pas été consommée. Il est aussi important de signaler les grands défis hérités par le Roi : Dossier du Sahara, islamisme, révolutionnaires reconvertis au makhzen, lobbies économiques et militaires, atmosphère internationale tendue… Plusieurs avancées notoires sont à mettre au compte du nouveau règne : moudawana, grands chantiers structurant, IER, … mais cela ne s’élève pas à une rupture marquée qui saura porter le Maroc vers une vraie modernité et démocratie.

Sur le registre économique, plusieurs grands chantiers ont vu le jour. Le PIB par habitant a presque doublé depuis 1998, la croissance économique moyenne a dépassé les 4% par an. Certes la croissance est visible, mais la répartition est inéquitable. En bon élève des institutions internationales ( BM, FMI, … ), le Maroc a respecté une orthodoxie exemplaire sur le plan macro-économique, mais n’a pas pu dépassé « l’énigme » de sa croissance ( dixit la banque Mondiale ). De « nouveaux riches » et des « champions nationaux » de l’économie ont vu le jour et ont été les principaux bénéficiaires de la croissance. Malgré les efforts de l’INDH, initiative du souverain censée réduire les inégalités, le pays peine à surpasser le scénario le moins optimiste du « rapport du cinquantenaire » de l’indépendance. Entre « cadeaux » fiscaux, « cadeaux » terriens, protectionnisme tacite et de fait, bulle boursière, les champions nationaux font la pluie et le beau temps de l’économie, et sont souvent alliés à l’entourage du sérail ou de l’empire économique du monarque ONA/SNI/SIGER.

Le secteur social présente le plus grand défi du Maroc. L’analphabétisme bat un taux incomparable dans la région. A ceux qui ont trouvé la fatwa de « Taza est plus proche que Gaza », la banque mondiale a répliqué que l’éducation à Gaza est meilleure, martelant avec un ton humiliant qualifiant le pays de « cancre » de la région arabe ! La situation de la femme a été nettement améliorée grâce à la Moudawana que le souverain a imposé, à raison, à toute la classe politique, après que les progressistes du « plan d’intégration de la femme » ont abdiqué à leur projet devant une démonstration de force des islamistes. Ces derniers profitent de la conjoncture internationale, de l’analphabétisme et de l’enracinement de la religion au sein de la population pour imposer chaque jour des retours en arrière au sein de la société. Les femmes qui ont jadis enlevé le voile « marocain » à l’aube de l’indépendance, signe de modernité, ont importé 40 ans après, des voiles saoudien, égyptien, … voire afghan. Une jeunesse « nayda » ( traduction littérale : debout, en mouvement ) n’a pas pu s’imposer en tant qu’alternative « populaire ». Avec une musique au ton critique, un code vestimentaire libéré, la « nayda » n’a pas fédéré le monde culturel marocain. L’élite d’une autre génération voit en cette nayda un « mouvement de jeunes » qui ne s’élève pas à la « bonne culture ». Largement supportées par des fans jeunes à travers tous le Royaume, les festivités de « nayda » ont été bien assistées par le monde économique, avant que ce dernier se tourne vers des festivals « semi-publics » ( mawazine, Tanjazz, Gnawa Essaouira, spirituel de Fès … ) avec des « associations » bien introduites, dirigées le plus souvent par de grands commis du Makhzen. Le Roi, en 2008, soutient plusieurs groupes de cette mouvance à travers un don et des promesses ( tenues ) de tournage de clips par la télévision marocaine, et par le soutien au « L’boulevard » en 2009, association qui a essentiellement contribué à l’émergence de la nayda. Quant à la libéralisation du Paysage Audiovisuel Marocain, le PAM, elle n’a aboutit finalement qu’à quelques progrès, en laissant émerger quelques émissions radio de talk show et « libre antenne ». Côté télévision, le verrou makhzénien est toujours de mise.

Plusieurs autres défis sociaux de taille sont en jeu. Le mouvement amazigh pose désormais la barre haute. Après son manifeste, la création de l’Institut Royal de la Culture Amazigh, les promesses de la chaîne télévision … le mouvement n’a jamais oublié sa revendication de constitutionnaliser de la langue amazigh. Certains dans ce mouvement pousse vers le radicalisme, notamment dans certains campus universitaires. Ces derniers connaissent maints bouillonnements, dont le dernier s’est terminé par le procès de Zahra, 22 ans, étudiante à Marrakech, et ses camarades. Sidi Ifni, Sefrou, Tilmi, Boulemane, … des régions pauvres vivant dans la grande précarité se sont soulevées sans aucun encadrement politique des forces traditionnelles ( partis, associations, … ) ce qui commence à agacer les autorités. La liberté de la presse est de plus en plus bafouée, soit par de multiples procès, soit par des amendes faramineuses.

La loi tacite du « consensus » stérile bat son plein sur le champs politique. Aujourd’hui, le Roi règne, gouverne, légifère, … sans opposition. Le premier ministre, juste après sa nomination par le Souverain affirme que son « programme gouvernemental est celui des discours royaux ». Encore, un leader du Parti Authenticité et Modernité, PAM, a-t-il déclaré que les « partis politiques marocains se concurrencent dans les élections pour appliquer le programme du Roi ». Ce PAM, constitué autour d’Elhimma, « ami du Roi », vient couronner un long processus où ce dernier avait agi en chasseur de têtes avec une grande base de données, du ministère de l’intérieur qu’il occupait auparavant. Il a recruté à « gauche » comme à « droite » et une année après la formation de son parti, il est classé au sommet des votes !

Le paysage politique Marocain se dirige vers le projet d’assimilation d’une bipolarité : islamistes ( maîtrisés ) et « progressistes » autour du PAM, ce qui convergerait finalement vers le modèle tunisien ou égyptien. La gauche, en perte d’orientation et de projet, n’a plus aucune alternative et est tombée, sous l’effet de sa faiblesse, sous le charme d’une alliance avec le makhzen ou les islamistes. Les réformes constitutionnelles tant attendues depuis le nouveau règne, semblent aujourd’hui loin d’être un horizon visible, malgré l’appel, ou le rappel, à la « monarchie parlementaire » lancé par le 8ème congrès de l’USFP ( principale formation de gauche ), en mal pour ces médiocres résultats aux élections de 2007 et à l’éviction de Youssoufi, partenaire de Feu Hassan II dans l’expérience de l’alternance.

Aujourd’hui, alors que le règne de Mohamed VI perd sa qualité de « nouveau » après dix ans, les choix du souverain semblent être décidés : Renforcer les infrastructures du pays, renforcer les pôles économiques régionaux, œuvrer dans une politique sociale, renforcer l’image moderne du Maroc à l’étranger, … quant à la démocratie, la séparation des pouvoirs, l’équité sociale, … ils sont en seconde priorité. Modernité économique, de buildings et d’ouvrages, … la modernité poltique serait reportée sine die!

Mounir BENSALAH.