
Sincèrement, voici ce que je pense des prochaines élections :
“Boycotter, ca veut dire rester à la marge. Et je ne pense pas que les marocains soient prêts pour une révolution”

Sincèrement, voici ce que je pense des prochaines élections :
هنا صورة الجريدة الرسمية :

Le Maroc a déclaré officiellement, juste après les élections législatives de 2007, l’achat d’un TGV français. Les circonstances de cette affaire(i) ont crée une grande polémique et ont incité certains à dénoncer avec l’argument(ii) « que même en occident, ce moyen de transport moderne est considéré comme socialement inéquitable, puisque seuls les plus aisés peuvent se permettre de l’emprunter ».
Quatre ans après, il est utile de voir comment ont évolué les choses.
I. Ligne Grande Vitesse Tanger-Casablanca
Situation géographique :

La ligne Grande vitesse Casablanca-Tanger(iii) a pour objectif de réduire la durée du trajet à 2h10 au lieu de 4h45 actuellement entre les deux villes, en construisant 200km de double voie nouvelle entre Tanger et Kénitra et la mise à niveau du tronçon Kénitra-Casablanca sur 150km.
Echéancier de réalisation (1) :

Avancement du projet :

Tableau de financement initial du projet :

L’estimation à ce jour est désormais(iv) de 3.000 MEuros au lieu de 1.800, ce qui constitue 56% d’augmentation par rapport à l’estimation initiale !
Répartition des bailleurs de fonds du projet (1) :

Consistance du projet (1) :
Répartition des coûts de projet (1) :

II. Bon à savoir concernant les lignes grande vitesse
Benchmark des coûts de projets TGV :

*Tableau à prendre selon années de construction des lignes, financièrement à actualiser selon coût actuel de la devise.
Conclusions et études sur la rentabilité ( voire l’utilité ) des projets TGV :
En 2008, la cours des comptes, en France, a produit un rapport d’évaluation de l’exécution du projet « TGV Méditerranée »(v). La conclusion du rapport est sans appel : « Le bilan, encore provisoire, du TGV Méditerranée montre que le bénéfice actualisé paraît proche de zéro, aussi bien pourla SNCF et RFF que pour l’ensemble de la collectivité nationale ».
Plus récemment, le magazine économique français « Challenges » a publié un article(vi) sur le 30 anniversaire du TGV français ( par 1 journaliste qui connait bien le Maroc et le TGV marocain, donc pas de surprise si prochain article soitla LGV marocaine ), le constat est le même : « Depuis 1981, les Français n’ont toujours pas fini de payer leur TGV. Une voie, cela coûte cher: 16,4 millions d’euros le kilomètre pour Rhin-Rhône, 26,5 millions le kilomètre pour Tours-Bordeaux. Résultat: la dette portée par Réseau ferré de France (RFF), le propriétaire du réseau, n’en finit plus d’enfler: de 20,5 milliards en 1997, elle frôlera les 29 milliards fin 2011. Auxquels il faut ajouter 9 milliards qui incombent àla SNCF, avec le financement des rames et du déficit des lignes ».
Le rapport français « Débat National sur l’avenir du transport ferroviaire »(vii), étude commandée par le gouvernement en 96 et plus connue sous le nom de « rapport Martinand » conforte ces idées : « Les données reproduites en annexe montrent la croissance régulière du trafic global jusqu’à la fin des années 1980 puis sa stagnation et même son recul. Ces chiffres recouvrent la montée en puissance des trafics à grande vitesse depuis 1981 et, simultanément, l’érosion régulière des autres trafics. La croissance du trafic TGV s’essouffle elle-même, elle est moindre que prévue sur le TGV Nord, et la rentabilité des nouveaux TGV se dégrade sous le double effet de la hausse des coûts de construction et de la concurrence accrue de l’aérien depuis sa libéralisation »
Surfing sur les prix d’un billet de TGV :
Il est notoirement connu que le prix du TGV peuvent être chers. Pascal Perri(2) s’est adonné à l’exercice de comparé ( Le 18 Janvier 2009 à 18h ) les prix aller retour Paris-Londres : aller avant 08h du lendemain et retour avant 19h la même journée, voici les résultats :

Consommation électrique et environnement :
Les amis écolos de France ( les amis de la terre ) nous pondent les résultats suivants(viii) sur la consommation électrique comparative TGV/conventionnel :
Les mêmes résultats, ou presque sont données par la littérature de Pascal Perri(2) auparavant cité.
Même l’argument environnemental d’émission carbone tombe à l’eau :

III. Quelques fausses idées à corriger avant d’entamer le débat
IV. Questions ouvertes au débat
Par Mamfakinch
Bibliographie :
(1) : plaquette ONCF au séminaire LGV Ifrane Mars 2011.
(2) SNCF : Un scandale français, Pascal Perri, Ed. Eyrolles, mars 2009.
Je l’aime bien ce monsieur, un des rares “Fquih” du PSU :
Je me rappelle, quand j’étais tout petit à l’école primaire publique, qu’un moment de joie annuel nous rendait sur les étoiles : Excursion au Zoo de Temara.
A proximité du Stade de Rabat, le Zoo national de Temara était un refuge pour nombreux jeunes écoliers de tout le Maroc. Nous y voyions les animaux que nous enseignaient les livres scolaires de boukmakh notamment, non sans grand émerveillement. De génération en génération, les plus grands ayant visité le parc zoologique racontaient aux plus jeunes leurs expériences fabuleuses : Faire manger aux singes des cacahuètes, entendre le cri effroyable du roi de la jungle, le lion, admirer le cou de la girafe, voir le cagibi improvisé de l’autruche, … bref, des mythes et des histoires d’enfants se sont construits autour du Zoo de Temara.
Il y a deux ans, mes souvenirs et mon égo ont été outré par les propos du haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim Lhafi : « Ce soi-disant zoo ne mérite pas son nom … il est dans un état délabré depuis 20 ans déjà » ! Ainsi, il explique qu’il a été décidé la construction pour fin 2010 d’un nouveau zoo, nécessitant 420 Millions de dirhams. Ainsi, La société Addoha a-t-elle été bénéficiaire ( comment ? ) du terrain de l’ancien zoo contre la construction du nouveau ! Le groupe Addoha a déclaré en 2008 déjà « Le terrain de l’ancien zoo a alors été estimé à 420 millions de DH … la cession du terrain n’a pas été faite à un prix symbolique comme le prétendent quelques articles de presse. Les sommes ont été versées en totalité même si l’Etat n’a mis à la disposition du groupe que la moitié du terrain cédé, explique le communiqué. Le groupe ajoute également qu’il a préféré avancer les fonds pour la construction du zoo qui ne relève pas de ses compétences ». Toytefois, « «les animaux, même dans un espace plus réduit, vivent dans de bonnes conditions de nutrition et d’encadrement», rassure le haut commissaire aux eaux et forêts en 2009. Résumons : Pour renouveler le zoo de Temara, l’Etat a cédé les 52 hectares ou 520.000 mètres carrés au groupe Addoha, en contre partie des 420 Millions de dirhams ( équivalent de 808 Dirhams le mètre carré de terrain nu ! ). Alors, en même temps, en 2008, le patron du groupe se défendait des accusations : « Pour le zoo de Témara, il y avait, au départ, deux appels d’offres infructueux, les propositions, qui étaient faites n’étant pas intéressantes pour cette ville et le CRI de Rabat. … Nous aussi, nous avons contacté des spécialistes, dont des architectes de Singapour qui ont réalisé plusieurs zoos dans le monde. Le coût d’estimation du zoo était arrêté autour de 420 millions DH, …Du coup, le prix dont a entendu parler et qui est évoqué dans la presse … est inacceptable. Quand on annonce un prix de 20.000 DH/m2 brut, il faudra s’attendre à débourser le double pour équiper le terrain… Pour le terrain du zoo, nous avons présenté un dossier très sérieux qui a été retenu par la ville de Rabat. Nous avons payé la totalité du foncier pour que l’Etat puisse avoir les fonds nécessaires pour financer une partie de la construction du zoo … » et d’ajouter sur la question des dérogations : « Tout promoteur, en fonction de son programme d’investissement, peut demander une dérogation. Pour notre part, nous avons proposé de construire des tours pour marquer l’entrée de Rabat. Nous avons fait une demande pour des immeubles R+17, sachant que déjà le siège de Maroc Telecom, qui est à côté, est un R+20. Donc, toute l’entrée de Rabat va être animée de la sorte car c’est un choix de la ville afin de donner du caractère à son entrée ». Très patriote dirais-je : 1 terrain à 800 Dirhams le mètre carré et en plus une dérogation pour la construction d’immeuble R+17 !
Seulement, peu des « responsables » et des bénéficiaires ont prophétisé ce qui s’est passé : 3 girafe sont mortes sur le chantier J. Certains parlent de suicide collectif d’une famille girafe, alors que le haut commissaire parle « d’une mort normale de la femelle », suivie par le mal souffrant de « stress de solitude » !
Devant l’arrogance humaine, on peut s’attendre à tout des animaux : « Un lion mal nourri devenu herbivore, des singes intoxiqués par des “sorcières”, une hyène lobotomisée, des flamands roses devenues blancs ». Dans d’autres légendes, on parle d’une « ferme des animaux » qui s’est révoltée contre les humains cupides et insouciants. Attention le 20 Février pourrait toucher aussi les animaux.
Alors, maîtres de la jungle, rendez-moi mon zoo, rendez-moi mon argent, … ou rendez-moi mes souvenirs !
Après une constitution, finalement mi-figue mi-raisin, apportant beaucoup d’améliorations par rapport à sa précédente et capitalisant sur les acquis, beaucoup de marocains, enfin ceux que je connais peut être, s’attendait à ce que les choses changent.
Les prémices d’une amertume, le conservatisme a la peau dure, ont déjà commencé lors de la campagne pour ladite constitution : des moussems (comprenez carnaval de mauvais goût), des hayaha (comprenez des gens payés pour faire de la « festivité politique »), des non-débats … ont envahi la scène nationale. A-t-on vraiment besoin de cela au 21ème siècle et surtout à un tournant historique où le pays s’accrochait, tant bien que mal, à dépasser les turpitudes et les mésaventures du « printemps » arabe et de passer, avec beaucoup de prudence ( J ) à une démocratie telle qu’universellement reconnue ( j’adore l’expression ) ? Au moment où plus de 99% des « forces » politiques ont approuvé le projet de constitution et le reste a tout bêtement boycotté le référendum, pourquoi tout ce folklore ? Il y a certainement des « poches de résistance » qui ont vu que leur « rôle » dans la nouvelle société allait être marginal, alors ont-ils eu l’immense intelligence à faire croire « à qui de droit » qu’ils sont indispensables ? Peu importe, il faut que nos « progressistes » s’essaient de comprendre, car si le là a été donné en cette période, les prémices ne sont pas de bonne augure ! Ne parlons pas de la cérémonie d’allégeance ou de la première séance des « dourouss hassanya » (causeries religieuse de Ramadan) où le ministre des habouss et des affaires islamiques tentait de faire le parallèle entre la démocratie et la bay’a ( allégeance ) !
Pas plus loin que ce soir, en famille, je m’essaie de regarder notre auguste première chaine de télévision « al oula » (traduisez la première), baromètre de l’Etat et son « porte parole audiovisuel ». Voici les premières impressions du journal télévisé principal de ce jour:
Au même moment, Niny est toujours en prison, jugé par le code pénal, d’autres journalistes sont poursuivis pour « diffusion de fausses informations » concernant la relation du PAM et certains gouverneurs/Walis.
Qu’est ce qui a changé depuis la promulgation de la constitution ? Finalement, il faut que le changement passe par les têtes de certains !
“20 février, 1er juillet… quelles perspectives pour la lutte démocratique ?” Resume Mon propos sur les perspectives de la lutte democratique après le 1er juillet peut se resumer de la maniere suivante: - La strategie des forces democratiques doit aussi etre une contre-strategie face au pouvoir. - Les impasses et les contradictions de l’autoritarisme monarchique doivent etre sérieusement exploitées par les forces démocratiques. - Un des principaux enjeux de l’action pour le passage à la démocratie est la question de la responsabilité politique du roi. On ne peut concevoir un passage a la démocratie en maintenant un “évitement” de la question de la responsabilité du roi.
Texte intégral du projet de nouvelle Constitution
PREAMBULE
Fidèle à son choix irréversible de construire un Etat de droit démocratique, le Royaume du Maroc poursuit résolument le processus de consolidation et de renforcement des institutions d’un Etat moderne, ayant pour fondements les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance.
Il développe une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l’égalité des chances, du respect de leur dignité et de la justice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté.
Etat musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.
La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde.
Mesurant l’impératif de renforcer le rôle qui lui revient sur la scène mondiale, le Royaume du Maroc, membre actif au sein des organisations internationales, s’engage à souscrire aux principes, droits et obligations énoncés dans leurs chartes et conventions respectives , il réaffirme son attachement aux droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus, ainsi que sa volonté de continuer à Œuvrer pour préserver la paix et la sécurité dans le monde.
Se fondant sur ces valeurs et ces principes immuables, et fort de sa ferme volonté de raffermir les liens de fraternité, de coopération, de solidarité et de partenariat constructif avec les autres Etats, et d’Œuvrer pour le progrès commun, le Royaume du Maroc, Etat uni, totalement souverain, appartenant au Grand Maghreb, réaffirme ce qui suit et s’y engage :
- oeuvrer à la construction de l’Union du Maghreb, comme option stratégique,.
- Approfondir le sens d’appartenance à la Oumma arabo-islamique, et renforcer les liens de fraternité et de solidarité avec ses peuples frères,.
- Consolider les relations de coopération et de solidarité avec les peuples et les pays d’Afrique, notamment les pays du Sahel et du Sahara ,.
-Intensifier les relations de coopération rapprochée et de partenariat avec les pays de voisinage euro-méditerranéen,.
-Elargir et diversifier ses relations d’amitié et ses rapports d’échanges humains, économiques, scientifiques, techniques et culturels avec tous les pays du monde.
- Renforcer la coopération Sud-sud,.
-Protéger et promouvoir les dispositifs des droits de l’Homme et du droit international humanitaire et contribuer à leur développement dans leur indivisibilité et leur universalité,.
- Bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture, de l’origine sociale ou régionale, de la langue, de l’handicap ou de quelque circonstance personnelle que ce soit,.
- accorder aux conventions internationales dûment ratifiées par lui, dans le cadre des dispositions de la Constitution et des lois du Royaume, dans le respect de son identité nationale immuable, et dès la publication de ces conventions, la primauté sur le droit interne du pays, et harmoniser en conséquence les dispositions pertinentes de sa législation nationale.
Ce préambule fait partie intégrante de la présente Constitution.

Source : MAP ( couverture d'un sit-in à Rabat contre le #feb20 le 28/05 )
On retrouve les mêmes affiches sur Rabat et Casa

Affiche sur Bd "Chjer" quartier Sbata à Casa, lieu de la marche du #feb20 à Casa le 29/05
Manipulations à grande échelle? Créer un clivage non réel au sein de la société? Du déjà vu ( sic plan d’intégration de la femme … )?
En tout cas, la zarouata revient de plus belle, et le malheur, c’est que même sous d’autres cieux plus clément en principe, c pareil!!!
Attention!! Certains, des deux côtés, jouent au feu!!!

C’est la troisième semaine que le Mouvement du 20 février au Maroc subit de plein fouet les foudres du régime politique marocain, à travers ses appareils répressifs et idéologiques, qui ne servent qu’à liquider toute aspiration des forces vives du pays, particulièrement sa jeune génération, à l’émancipation, à la liberté, et à une démocratie réelle.
A Rabat, ayant enregistré plus d’une centaine de blessés lors des manifestations brutalement réprimées des 15 et 22 mai derniers, le mouvement, ainsi que les organisations qui le soutiennent ont décidé d’organiser, ce samedi 28 mai, un sit-in devant le parlement pour condamner la répression policière à l’encontre de ses militants. Après avoir interdit le sit-in pacifique, les forces de police, toutes catégories confondues sont intervenues pour disperser de force les manifestants. En 2 minutes, la place devant le parlement s’est vidée. S’en est suivi des courses-poursuites qui ont duré près d’une heure. Tous les cafés et boutiques du quartier entourant le parlement ont été fouillés par la police, qui a commencé une chasse aux sorcières dans toutes les rues à la recherche des jeunes du 20 février.
Acte I :
Dispersion faite et réussie, les militants se sont séparés, chacun est parti vaquer à ses occupations. A 16h, personne n’avait plus l’intention de re-manifester. Dans une rue derrière l’hôtel Balima, Nizar Bennamate, un jeune du 20 février et moi, croyions la course-poursuite finie. On est alors surpris par une quarantaine d’agents BLIR (Brigades légères d’intervention rapide) surgir des deux bouts de la rue. On essaie de se cacher dans une épicerie. Mais on a été rattrapés par une dizaine de ces agents, venus nous sortir manu militari de l’épicerie. Dans la rue, un photographe de la police s’approche de nous, et nous prend en photo de différents angles. Par la suite on est passés à la matraque, aux coups de brodequins, et coups de poing avant de nous relâcher, non sans les formules habituelles d’humiliation et de provocation.
Cette scène est très courante au Maroc, les mouvements sociaux à Rabat s’y sont habitués. En revanche, ce qui suit sort de la banalité, et renvoie aux méthodes employées par la police politique lors des années de plomb, que la génération actuelle ne connaissait que dans les romans de la littérature carcérale.
Acte II :
A 20h, il n’y avait plus les forces d’intervention dans la place, tout semblait calme. J’attendais ma copine dans un café, pour rentrer à la maison, où on organisait une petite fête entre amis. Sur le chemin de la maison, deux policiers en uniforme (des CMI munis de gilets pare-balles) nous suivent depuis le café. Ils m’interpellent, me demande ma pièce d’identité. Je demande avec insistance la raison de mon arrestation, « tu sauras dans quelques minutes » m’avaient-ils expliqué. Ils nous emmènent, ma copine et moi, dans une rue vide de monde. Après dix minutes d’attente, leur chef arrive. Il me trouve en train de parler au téléphone à une membre du Bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Il m’ordonne, coup de poing dans mon thorax à l’appui, de raccrocher. Le « chef », comme les deux CMI l’appelaient, était vêtu d’un uniforme marron, et était mieux musclé que la plupart des autres policiers. Les personnes à qui j’ai demandé des renseignements sur ce corps de la police, en uniforme marron, n’en savent rien. Ma copine terrorisée par cette violence physique et verbale, j’ai essayé de garder mon calme et ne pas réagir à leur provocation. « Nous t’avons vu dans la manifestation de tout à l’heure, et nous t’avons pris en photo » me dit-il. Il ajoute, en m’étranglant : «La prochaine fois que je te vois avec les jeunes du 20 février, dans un café ou dans la rue, la prochaine fois que tu participes à leurs réunions, la prochaine fois que tu manifesteras, je vais te briser le dos, je m’occuperai moi-même de te tuer et de t’enterrer. Rappelle-toi bien de moi ». Je me demande comment je pourrai l’oublier…
Après les coups de matraque, l’humiliation, la provocation, la police marocaine semble passer à une vitesse supérieure dans l’usage de la violence à l’encontre des militants. Le 22 mai dernier, elle a eu recours aux rafles nocturnes à Casablanca. Le 15 mai, en poursuivant les militants du 20 février, les chefs de police ordonnaient aux agents d’intervention rapide : « Cassez lui le bras, cassez lui la jambe », en ciblant méthodiquement les militants les plus actifs. Les méthodes d’intimidation se multiplient dans les quartiers et dans la rue, où la police s’attaque à tout citoyen qui aurait manifesté un jour, et qui ait eu le malheur d’avoir été pris en photo par leurs photographes.
En tant que citoyen marocain, je considère que les forces de police agissent en toute illégalité, et que, par leurs actes que je dénonce, elles plongeront mon pays dans la terreur des années de plomb. Face à des mouvements qui prônent la protestation pacifique, le seul acteur qui emploie la violence actuellement, c’est l’Etat marocain.
Tout en revendiquant mon droit à l’expression et à la protestation pacifique, je réclame mon droit à une enquête sur cet agent de la police qui m’a explicitement menacé de mort, menaces que je prends très au sérieux, et je tiens, par conséquent, le ministre de l’Intérieur, Taieb Cherkaoui, pour unique responsable de ce qui pourrait m’arriver dans le futur, de la part des différentes catégories de la police.
Rabat, Le samedi 28 mai
Omar Radi
Jeune du 20 février. Journaliste.
“إمارة المؤمنين” تتناقض مع الديمقراطية
والفصل بين الدين والدولة ضروري
عبد الرحمان النوضة[1]
بعد خطاب الملك محمد السادس في 9 مارس 2011، وفي إطار جلسات الاستماع الجارية بين اللجنة المكلفة بإعداد مشروع دستور للمغرب من جهة، ومن جهة أخرى القوى السياسية، طرحت بعض الأحزاب، مثل حزب الاستقلال، وحزب الحركة الشعبية، وحزب العدالة والتنمية، أنها تريد الحفاظ على “إمارة المؤمنين”.
ليست هذه، لا المرة الأولى، ولا الأخيرة، التي تريد فيها بعض الأحزاب، مثل حزب الاستقلال، وحزب العدالة والتنمية، أن تظهر كأحزاب، غيورة على الملك، و”ملكية أكثر من الملك”. ولماذا ذلك ؟ لأن هذه الأحزاب تتملق على الملك، ولأنها مهووسة بضرورة تغليب الدين على السياسة، ولو في المظاهر. وكل حزب, أو كل شعب، يقبل إخضاع الدولة أو السياسة للدين، فإنه لن يستطيع أن يكون ديمقراطيا.
Dans son discours du 9 mars 2011, le roi Mohammed VI a annoncé au peuple marocain l’ouverture d’un important chantier de réforme constitutionnelle. Cette initiative pourrait être considérée comme l’acte fondateur d’une évolution vers un régime plus respectueux des droits politiques et des libertés civiles. Certes, l’annonce a été faite dans la foulée du printemps révolutionnaire arabe ; pour autant le Maroc semble suivre une trajectoire politique beaucoup plus maitrisée et stable que celles de ses voisins. Comment comprendre ce phénomène ?
Quand le Roi Mohammed VI a hérité du trône du Royaume du Maroc, il a promis la mise en place d’un État moderne et démocratique. Si au début de son règne, plusieurs réformes notoires ont été engagées, particulièrement celle du code de la famille et l’instance de réconciliation et d’équité, il y a eu, à partir de 2003, un retour au business as usual, et la dynamique de réforme institutionnelle a pris du plomb dans l’aile. Dans un monde arabe en ébullition, la récente initiative royale de réforme constitutionnelle a été louée au niveau national et international. Si l’on ne peut que saluer cette initiative, car avançant un grand nombre de propositions de portée démocratique indéniable, l’analyse de la démarche royale soulève néanmoins quelques interrogations au sujet de certains vieux réflexes qui risquent de compromettre l’aboutissement du projet de réforme de la constitution.
Je m’apprêtais à publier le texte qui suit quand le discours royal du 9 mars est venu changer la donne politique dans notre pays. Tout en saluant sincèrement la clairvoyance du souverain et en prenant acte des réformes importantes qui nous sont promises, pour autant je ne pense pas que le débat sur le projet démocratique soit clos. Bien au contraire. Il va acquérir encore plus d’ampleur et de vigueur. Puisse mon texte contribuer au renouveau de la pensée politique que je n’ai cessé d’appeler de mes vœux.
Maroc, l’heure de vérité
En l’espace de quelques semaines, le monde arabe est entré dans une nouvelle ère, marquée par l’accélération de l’Histoire. Le vent irrépressible de liberté est en train de balayer les frontières ainsi que les murailles physiques et mentales qui avaient longtemps condamné nos peuples aux affres de la division, de l’impuissance, de la régression intellectuelle, de la montée de l’intégrisme, de l’étranglement des libertés, de l’accaparement par une minorité d’immenses richesses et leur dilapidation éhontée, de la misère sans fond de larges couches sociales, du maintien des femmes dans une condition inférieure, de la fuite des cerveaux et du désespoir de la masse désœuvrée des jeunes. Désormais, la peur, la soumission, l’impossible ne font plus partie du vocabulaire arabe. Ils ont cédé la place au courage, à la dignité, à l’imagination créatrice. L’idée de démocratie rime avec celle de souveraineté populaire. Voilà le message que les nouvelles générations de toutes les places At-Tahrir ont envoyé à nos gouvernants, nos classes politiques, nos élites intellectuelles et, au-delà des murailles arabes menaçant ruine, au reste du monde.
Le discours royal du 09 mars 2011 n’est pas à la hauteur des attentes. Les points manquants sont nombreux. Parmi les points non tranchés, on peut citer :
- La monarchie parlementaire : le concept n’a pas été déclaré. Or tant que le roi ne dit pas explicitement qu’il ne gouvernera pas, ce n’est pas convaincant
- Le roi a limité déjà lui-même les points à réviser, pourquoi pas toute la constitution ? De quel droit le fait-il ? Est-ce démocratique ?
- Pourquoi parler encore de première et deuxième chambre ? Pourquoi anticiper ? Et si le peuple voulait une seule chambre ?
يعتبر الخطاب الملكي ليوم 9مارس 2011 حدثا سياسيا كبيرا في الساحة السياسية المغربية وستمتد تأثيراته المستقبلية على المنطقة برمتها ، وذلك ليس لانه خطاب حداثي ديموقراطي اصلاحي فقط بل تجاوزه الى القيام بنوع من المراجعة النقدية السياسية الجريئة لطريقة الاشتغال السياسي للنظام السياسي المغربي ، فالخطاب بقدر ما كان استجابة لمطالب قديمة متجددة لقسم من الطيف السياسي المغربي وقسم أكبر من المجتمع المدني كان خريطة طريق ديموقراطية جديدة تعتمد على ثلاث عناوين اساسية :
حسب مختلف المتابعين والمراقبين يعتبر الخطاب الملكي ليوم 9 مارس 2011 إحدى اللحظات التاريخية القوية في مسار المغرب، والتي سيحال عليها مستقبلا للتأريخ للمغرب المعاصر، ففي ظل التحولات الجارية على مستوى المنطقة المغاربية، والعالم العربي، يسجل الإصغاء العميق والتفاعل الإيجابي للمؤسسة الملكية مع النبض المجتمعي بمختلف تعبيراته من خلا ل ما تضمنه الخطاب الملكي وخاصة في ما يتعلق ب:
- الالتزام الصريح بتمكين البلاد من إطار دستوري جديد يعيد الاعتبار للسيادة الشعبية وسموها في الاختيارات الأساسية ويرسخ الديمقراطية ودولة الحق والقانون،
- إقرار هندسة جديدة للسلط التنفيذية والتشريعية والقضائية وفقا للمعايير الديمقراطية المتعارف عليها كونيا،
وفي هذا السياق حدد الخطاب الملكي المرتكزات السبعة التي ينبغي أن تستند عليها اللجنة المكلفة بإعداد مشروع الدستور الجديد، كما أكد على ضرورة إفساح المجال للجنة ذات الصلة بتوسيع دائرة الاستشارة وإمكانية الاجتهاد في اقتراح كل الآليات التي تمكن من ترسيخ الديمقراطية والتوزيع المتوازن للسلط وخضوعها لمبدأ المحاسبة،
إن الخطاب الملكي وهو يؤسس للمبادئ والتوجهات والمجالات، التي ستؤطر المراجعة الشاملة للدستور، فقد جعل من فصل السلط وسمو الدستور منطلقا وهدفا لهذا المشروع.
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